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Décryptage

Alibaba : une success story made in China

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

Après avoir découvert internet lors d’un voyage à Seattle en 1995, un Chinois créé Alibaba. Vingt ans plus tard, il est à la tête d’un empire de la vente en ligne et l’homme le plus riche de Chine.

Est-ce la version e-commerce de « Alibaba et les 40 voleurs » ? Le 16 juin, Jack Ma (dont le vrai nom est Ma Yun) n’a pas hésité à déclarer que les contrefaçons chinoises étaient meilleures que les originaux ! « Ils sont produits par les mêmes usines, sont issus des mêmes matières premières, mais n’utilisent pas le nom de la marque », a précisé le patron-fondateur du géant chinois de l’e-commerce Alibaba. Pour l’Unifab (Union des fabricants français), « cette déclaration suscite l’interrogation et mêle la surprise au doute (…) alors que, depuis de nombreux mois, Alibaba tient un discours donnant l’impression de lutter efficacement contre la contrefaçon (…) ».

Derrière ces affirmations se cache la volonté du géant chinois d’imposer un nouveau modèle économique qui « détruit » les marques traditionnelles et « révolutionne le monde entier ». Pour l’instant, le premier site de vente en ligne de Chine (423 millions d’utilisateurs par an) n’a pas non plus « révolutionné le monde entier ». Sa plate-forme Taobao domine à 90 % le marché des échanges de particuliers à particuliers sur l’internet chinois et sa plate-forme Tmall contrôle la moitié des transactions en ligne entre professionnels et particuliers du pays.

Difficile de connaître précisément l’activité d’Alibaba (créé en 1999). En Chine, il ne publie pas d’informations et aux États (il est coté à Wall Street), il fait l’objet d’une enquête des autorités américaines de la Securities & Exchange Commission concernant ses pratiques comptables… Néanmoins, au cours d’une conférence pour investisseurs à son siège de Hangzhou, Alibaba a déclaré que le volume de transactions devrait atteindre 807 milliards d’euros au cours de son exercice fiscal 2020, soit près du double par rapport à cette année.

D’ici à 2036, Alibaba espère avoir 2 milliards d’acheteurs actifs. Cet énorme porte-feuille devrait se situer pour moitié dans les pays à économie émergente, le reste serait réparti de manière plus ou moins égale entre la Chine et les marchés dits développés (il possède des succursales en Italie, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni…).

Sa stratégie de développement ne repose plus uniquement sur la vente de biens.  Le groupe souhaite vendre des services financiers (avec AliPay et ses 153 millions de transactions par jour contre 16 millions pour PayPal) et des contenus dématérialisés. En 2015, il a acheté Youku Tudou, surnommé « le YouTube chinois » et a développé des sites de musiques (Ali Planet, Alibaba Music), des portails thématiques (Alisports.com…), la billetterie ou encore la (co)production d’émission et de séries.

Mais il ambitionne surtout de devenir un poids lourd du cloud Computing. Durant l’été 2015, il avait annoncé un investissement de 1 milliard de dollars dans AliCloud, sa division d’informatique à la demande. Objectif :détrôner en 2020 Amazon Web Services. Pour relever ce défi, l’entreprise chinoise a ouvert deux datacenters aux États-Unis et d’autres sont annoncés en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Pour l’instant, la menace reste assez limitée. En 2015, AliCloud a affiché un chiffre d’affaires de 364 millions de dollars alors qu’Amazon Web Services a atteint les 7,6 milliards de dollars. Mais en mars 2016, Alibaba a levé 3 milliards de dollars sous la forme d’un prêt syndiqué auprès d’un pool de banques pour renforcer cette activité…

Parallèlement, Alibaba réfléchit à la digitalisation de ses points de vente dans une logique omnicanale. De plus en plus souvent, les acheteurs repèrent un produit sur Internet et souhaitent par exemple l’acheter dans la boutique de la marque. L’inverse commence également à se développer. Or pour répondre à ces nouvelles exigences, les distributeurs doivent optimiser leur système d’information pour que la gestion des stocks et des commandes soit synchrone. La Chine entre de plain-pied dans le monde digital.

Par Philippe Richard

Posté le par La rédaction


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