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Décryptage

Audit énergétique : quels investissements selon les secteurs ?

Posté le par La rédaction dans Entreprises et marchés

Dans les entreprises concernées par l'audit énergétique réglementaire, on trouve un peu de tout. Certaines ont une culture de l'efficacité énergétique ancrée dans leur politique, d'autres moins. Pour certaines, leur image en dépend, pour d'autres, il s'agit d'une simple contrainte supplémentaire qu'il faut balayer au plus bas prix.

« Les entreprises qui ont un minimum de maturité du point de vue maîtrise de l’énergie soit ont déjà fait leur audit énergétique soit savent exactement avec qui et quand elles vont le faire », prévient Julien Adam, chargé de Mission Maitrise de l’Energie à l’Association Technique Energie Environnement (ATEE). « Les autres entreprises qui ne voient pas l’intérêt vont essayer de s’y prendre au dernier moment avec la prestation la moins chère possible », note-t-il.

Il est effectivement possible de distinguer les entreprises qui considèrent l’audit énergétique comme un vrai levier de performance, qui améliore la rentabilité des usines, des entreprises récalcitrantes qui attendent le dernier moment. Cela dépend essentiellement du secteur d’activité et de la stratégie du groupe auquel l’entreprise appartient. Pour les plus motivées, l’énergie peut être ressentie comme un vecteur de communication, un levier de compétitivité et une amélioration de son image.

Quels secteurs sont les plus volontaristes ?

Globalement, les industries énergivores, telles que la chimie, la métallurgie ou la papeterie, pour qui l’énergie est le poste de dépense majoritaire, s’intéressent depuis longtemps à l’efficacité énergétique. « Pour elles, cette obligation ne change pas grand chose, elle demande juste de formaliser ce qu’ils ont déjà fait », remarque Julien Adam. Les entreprises avec des procédés énergivores sensibles devraient d’ailleurs décider de faire leur audit en interne.

En revanche, dans d’autres secteurs cela peut être très différent. C’est notamment le cas de l’industrie agroalimentaire où il reste beaucoup d’améliorations à faire. Les usines de production utilisent différents procédés et nécessitent un auditeurs aux compétences multiples. « Il y a de la production de vapeur, du froid, l’air comprimé, du séchage, du gaz, de l’électricité… cela nécessite d’avoir toutes les compétences», analyse Julien Adam. « L’agroalimentaire est moins mâture d’un point de vue efficacité énergétique qu’un producteur d’énergie ou un secteur de la chimie ou de la métallurgie», note-t-il. Elles auront donc davantage recours à des auditeurs externes. 

Dans le secteur de l’automobile et des transports, on trouve un peu de tout et les entreprises communiquent plus ou moins. Par exemple, Renault communique volontiers sur sa démarche et a centralisé la prise en compte de la directive européenne en confiant le pilotage de la démarche au responsable de la performance énergétique de ses usines véhicule. Le périmètre couvert par des audits internes ou avec des partenaires extérieures est l’Europe entière, aussi bien pour les usines, les stocks, les bureaux, les centres d’essai, que les succursales (réseau commercial). De son côté, PSA communique moins, car cela correspond moins à la stratégie de communication du groupe. 

Pour la grande distribution, l’amélioration de l’efficacité énergétique peut également améliorer la rentabilité des entreprises. Carrefour a anticipé la loi en amont et est le premier distributeur français certifié ISO 50001 depuis janvier 2014. « L’audit énergétique est souvent la première étape avant d’aller vers un système de management de l’énergie, relève Julien Adam. Pour les entreprises qui, aujourd’hui, n’ont jamais fait d’audit, c’est un non sens d’aller directement vers l’ISO50001 ». « Ce sont les entreprises qui ont une certaine maturité sur la performance énergétique, qui ont déjà fait des audits, qui connaissent déjà bien leur consommation d’énergie et leur potentiel d’amélioration qui vont en profiter pour mettre en place un système de management de l’énergie et le faire certifier », prévient l’expert. « Pour certaines entreprises qui ont un très grand nombre de sites, cela peut être moins cher d’être ISO 50001 que de faire des audits énergétiques pour chaque site », remarque-t-il également. Les grands distributeurs qui n’ont pas encore mis leur démarche en avant devront s’y mettre, ne serait-ce que pour se positionner face à leurs concurrents.

Enfin, s’il y a des petites entreprises de tous secteurs qui misent sur l’efficacité énergétique pour améliorer leur compétitivité, pour certaines, l’énergie n’a jusqu’ici pas joué un rôle important. « Certaines en profiteront pour faire un audit sérieux, d’autres feront un audit à la va vite pour pas cher », prévient Julien Adam. « Mais il est difficile de distinguer des secteurs particuliers, cette situation est diffuse dans tous les secteurs », garantit-il.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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