En pleine phase de renaissance, la zone industrielle et portuaire dunkerquoise vient d’annoncer que deux nouvelles infrastructures verront le jour dans le domaine énergétique. Occupant une position stratégique sur la mer du Nord, le port de Dunkerque multiplie les projets innovants et confirme sa volonté d’être un acteur clé au service du développement des filières énergétiques de demain.
Lors de sa conférence de presse annuelle, le 20 janvier dernier, Dunkerque-Port a dévoilé les deux entreprises lauréates de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) : Technip Énergies, spécialisée dans les infrastructures énergétiques et Tepsa, opérateur dans le stockage de liquides en vrac. Les projets sélectionnés prendront place au sein d’un espace de 23 hectares dont une grande part (20 hectares) correspond au terrain qui fut autrefois occupé par la raffinerie SRD[1].
Une reconversion industrielle qui permettra de redynamiser le territoire Dunkerquois fortement touché par la désindustrialisation. En investissant un montant estimé à 1,7 milliard d’euros, Dunkerque-port espère des retombées concrètes pour l’économie locale notamment en matière d’emploi. Alors qu’il y a dix ans, la fermeture de la raffinerie SRD avait provoqué la perte de 111 emplois, la promesse de la création d’environ 300 nouveaux emplois équivalent temps plein (ETP) sur le même emplacement revêt une dimension symbolique. En outre, le trafic maritime devrait bénéficier de ces projets en atteignant entre 1 et 1,2 million de tonnes par an.
Deux projets complémentaires
L’entreprise Technip Énergies a été retenue pour développer une unité de production de carburant d’aviation durable (SAF) à partir d’éthanol de seconde génération[2]. Le spécialiste prévoit une capacité annuelle de 160 000 tonnes.
Le second projet, porté par l’entreprise Tepsa, vise à développer une nouvelle plateforme logistique énergétique. Reposant sur la construction d’un terminal import-export de vracs liquides, cette plateforme offrira également des capacités de stockage dédiées aux filières des énergies renouvelables pour un volume total d’environ 145 000 m³.
Les deux projets ne sont pas indépendants l’un de l’autre : la plateforme créée par Tepsa assurera toute la logistique de Technip Énergies.
Le secteur énergétique, levier du dynamisme industriel à Dunkerque
Troisième port français avec un trafic s’élevant à 48 millions de tonnes en 2025 (un chiffre en progression de 5 % par rapport à 2024), le port de Dunkerque est en pointe dans le secteur énergétique. Un positionnement qui lui permet de revitaliser le tissu industriel de la région.
En témoigne le Projet D’Artagnan, porté conjointement par Air Liquide et Dunkerque LNG. Ce projet se caractérise par la création d’un réseau de canalisations et d’un terminal dédié à la réception, la liquéfaction, le stockage et l’expédition du CO2 vers des sites de séquestration en mer du Nord.
La filière des voitures électriques est également bien représentée avec l’inauguration par Verkor, le 11 décembre dernier, de la première Gigafactory opérationnelle sur le territoire dunkerquois. C’est la troisième Gigafactory de la région Hauts-de-France qui est qualifiée de « vallée de la batterie ». Une inauguration qui précède le démarrage des travaux de la Gigafactory du Taïwanais ProLogium.
Quant au recyclage des métaux critiques issus des batteries électriques, le Groupe SUEZ porte un projet de site industriel qui devrait être implanté sur le territoire portuaire.
Enfin, la centrale nucléaire de Gravelines constitue un véritable pilier pour la région : en 2024, elle a contribué à l’équivalent de 70 % de la consommation des Hauts-de-France. Un apport qui sera renforcé avec non seulement la prolongation de la durée de vie des six réacteurs existants mais aussi avec l’implantation de deux nouveaux réacteurs EPR2.
Notons qu’en novembre 2026, Dunkerque va accueillir un rendez-vous important qui devrait lui offrir une visibilité internationale : le Congrès mondial des villes portuaires de l’AIVP[3].
[1] Société de la Raffinerie de Dunkerque
[2] Fabriqué non pas à partir de culture alimentaire mais de biomasse forestière
[3] Association internationale des villes portuaires









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