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Les fonds durables se développent pour les particuliers

Posté le par Matthieu Combe dans Environnement

Novethic fait le point sur le développement des marchés de fonds durables en France, accessibles aux particuliers, proposés par les banques et assurances. Les labels se développent, mais tous ne se valent pas.

« Tous les voyants sont au vert pour le marché des fonds durables, prévient Anne-Catherine Husson-Traoré, directrice générale de Novethic. Il émerge une dynamique de marché pionnière sur les fonds qui ont conscience que pour répondre à la demande d’un certain nombre de clients, il faut pouvoir attester de qualités ESG [Environnementales, Sociales et de Gouvernance, ndlr] et ne pas uniquement se baser sur du déclaratif. »

Selon l’Indicateur annuel du marché des fonds relevant de la finance durable en France publié par Novethic, les fonds relevant de la finance durable ayant au moins une part accessible aux particuliers ont quasiment doublé en un an. Entre fin décembre 2018 et 2019, ils passent de 488 fonds pour un encours de 149 milliards d’euros à 704 fonds pour 278 milliards d’euros.

Des conditions favorisant le développement des fonds durables

Novethic identifie trois moteurs principaux à ce développement. En premier lieu, la loi PACTE oblige désormais la diffusion d’au moins un produit labellisé dans le cadre de l’assurance-vie. En deuxième lieu, les sociétés de gestion développent des offres de gamme labellisées. C’est le cas d’au moins trois d’entre elles – BNP Paribas AM, La Banque Postale AM et Natixis IM – qui ont fait labelliser plus de 20 fonds chacune.

Le troisième moteur principal vient d’une compétition féroce en Europe, chaque pays espérant imposer son standard. Novethic a d’ailleurs mis à jour son panorama des labels de la finance durable en janvier 2020 pour témoigner de cette diversité, avec les 7 labels reconnus. Au niveau européen, le label français ISR se tire la vedette avec le belge Towards Sustainability.

Deux labels d’État en complément

La France compte deux labels officiels : le label public ISR [Investissement Socialement Responsable] et le label public Greenfin. Le label ISR se développe fortement, avec 117 fonds supplémentaires, portant le total à 263 fonds labellisés pour un encours de 128 milliards d’euros. La présence des acteurs étrangers se renforce avec 62 fonds labellisés ISR gérés par des sociétés domiciliées hors de France, témoignant de l’attractivité du marché français.

Toutefois, la terminologie ISR reste assez confuse pour les fonds labellisés. En l’absence de critère d’exclusion, le label ISR rassemble des fonds intégrant des dimensions ESG larges. Il s’agit d’ailleurs du seul label européen de finance durable à ne pas exclure le financement des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon). En plus, 179 fonds n’emploient pas le terme ISR dans leur nom, et parmi eux, 64 sont des fonds thématiques dont 19 environnementaux. Ainsi, le label présente « une injonction paradoxale », estime Anne-Catherine Husson-Traoré. Il souhaite développer l’ESG, mais sans rien exclure, tout en gardant des performances du CAC40.

Pour garantir des projets respectant l’environnement, l’Europe compte une trentaine de fonds verts. Le français Greenfin Label va plus loin que le label ISR : il repose sur une taxonomie d’éco-activités excluant les énergies fossiles, le nucléaire et les entreprises controversées. S’il reste beaucoup moins développé que le label ISR, il labellise désormais 18 fonds dont l’encours a quadruplé en un an, atteignant 6 milliards d’euros fin décembre 2019.

L’Europe a finalement défini une taxonomie liée à la finance durable. « La taxonomie européenne va permettre de déterminer quels actifs verts sont éligibles à un Ecolabel, avec un dispositif qui peut ressembler au Greenfin », prévient Anne-Catherine Husson-Traoré. Le défi reste de définir des seuils minimums de part verte à respecter dans le portefeuille des entreprises pour pouvoir prétendre au futur écolabel européen. « Il y a une demande, il y a des standards, il manque un peu les entreprises capables de dire qu’elles sont plus vertes que vertes », avertit-elle.

Les fonds thématiques plébiscités

Environ un quart des fonds durables (183 fonds pour 64 milliards d’euros) sont des fonds thématiques, majoritairement environnementaux. Les fonds thématiques environnementaux se développent fortement, particulièrement sur la gestion de l’eau, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les services environnementaux. Sur ces fonds environnementaux, la performance moyenne en un an augmente de +29%, supérieure au CAC40 (+26%).

Le rapport note également la résurgence des fonds à thématiques sociales : 9,4 milliards d’euros, pour 31 fonds. Le thème de l’éducation émerge particulièrement, avec une collecte de près d’un milliard d’euros en 2019. Les autres thématiques sociales privilégiées vont de la santé et l’alimentation saine aux les meilleures pratiques RH en passant par l’égalité hommes/femmes. La performance de ces fonds atteint +22% sur un an.

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Posté le par Matthieu Combe


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