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Trois banques françaises ne détruiront pas la Grande Barrière de corail

Posté le par La rédaction dans Entreprises et marchés

Les trois principales banques françaises – BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale – ne participeront pas au financement des projets charbonniers situés dans le bassin de Galilée, près de la côte orientale de l’Australie, où se dresse la Grande Barrière de corail.

Par courrier, BNP Paribas, Crédit Agricole et la Société Générale se sont engagés auprès de l’association Les Amis de la Terre à ne pas participer au financement des projets de mines de charbon situés dans le bassin de Galilée en Australie, ni à celui des infrastructures associées : extension des ports, voies ferrées…. Ces banques vont ainsi plus loin dans leur engagement que celui pris par 8 autres banques internationales – Deustche Bank, HSBC, RBS, Barclays, Citi, Morgan Stanley, JP Morgan Chase et Goldman Sachs – portant uniquement sur l’extension du port d’Abbot Point. Cette extension en vue d’exporter du charbon, menace notamment la Grande Barrière de corail.

Selon les ONG, les projets devraient être soutenus par au moins une ou deux grandes banques internationales pour se concrétiser. Or, avec les engagements des banques françaises, 11 des 25 banques qui financent le plus le secteur du charbon au niveau mondial se sont désormais engagées à ne pas les financer. « Chaque engagement de banque à rester éloignée de ces projets réduit un peu plus les chances de ces projets d’être menés à terme », se réjouit Lucie Pinson des Amis de la Terre. « Leautres banques ne devraient pas s’y risquer, alors que les banques majeurs n’y vont pas », prévient-elle.

Face à cette première victoire, les Amis de la Terre appellent les banques à s’engager d’ici décembre 2015 à cesser totalement leurs financements dans le secteur du charbon. « La COP21 est une fenêtre d’opportunité pour inciter les banques à s’engager », relève Lucie Pinson. Le mois de mai, avec les assemblées générales des Grandes Banques françaises, notamment BNP Paribas (13 mai), la Société Générale (19 mai) et le Crédit Agricole (20 mai) sera un moment de mobilisation important pour l’association.

Une première victoire à renforcer

« C’est la première fois que les banques s’engagent à ne pas financer les projets de toute une région en raison de leurs impacts environnementaux et climatiques. Cependant, la bataille pour le climat ne s’arrête pas là et leurs engagements sont loin de suffire à inverser la hausse de 218 % des financements des banques françaises au secteur du charbon entre 2005 et 2013 », prévient Lucie Pinson .

Mais pour limiter la hausse des émissions en dessous du seuil de 2°C, il faut aller beaucoup plus loin. A l’origine de 94 % des 30 milliards d’euros de financements français au secteur du charbon entre 2005 et avril 2014, BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale font de la France le 4ème plus gros financeur de ce secteur,derrière la Chine, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.  « Il faut passer la vitesse supérieure. D’autres projets charbonniers pourraient voir le jour grâce aux banques françaises. Or, 88 % des réserves totales de charbon au monde doivent rester dans le sol si nous voulons pouvoir rester en dessous-du seuil de 2 °C et il est donc urgent que les banques françaises s’engagent dès cette année à mettre un terme à leurs financements au secteur du charbon » poursuit Lucie Pinson. Les Amis de la Terre ont donc créé le site internet dédié jechangedebanque.eu, afin que tout client puisse leur demander l’arrêt des financements dans le secteur du charbon.

Les trois grandes banques françaises communiquent de plus en plus sur leurs engagements contre le réchauffement climatique, mais comptent parmi les 25 premiers financeurs du secteur du charbon au niveau international. BNP Paribas et la Société Générale sont même les 5ème et 7ème banques à financer les mines de charbon en Australie.

La Grande Barrière de Corail menacée

Un rapport commandé par le WWF notait début février que la Grande Barrière de corail étaitmenacée par l’extension éventuelle des ports existant. Celle-ci s’accompagnerait du dragage d’environ 51 millions de mètres cube de fond océanique, pour creuser et entretenir des bassins, des chenaux…Ces sols sont rejetés plus loin, détruisant potentiellement les fonds marins et leurs écosystèmes« Une grande partie pourrait finir dans les eaux protégées de la Grande Barrière de corail où elle risque de former des bancs de sédiments qui pourront dériver sur près de 80 km et causer de lourds dégâts. Le dragage ainsi que les boues qu’il génère peuvent étouffer les coraux et compromettre la survie d’espèces menacées comme les tortues marines », prévient le WWF.

Ce vaste bassin charbonnier constitue la deuxième plus grande zone de développement possible des énergies fossiles au monde, après la Chine. S’il entre en exploitation, il émettra 705 millions de tonnes de CO2 par an, presque autant que l’Allemagne, le sixième émetteur mondial de dioxyde de carbone. L’Australie souhaite doubler la capacité d’exportation de charbon de l’Etat du Queensland. Pour augmenter la capacité en charbon des ports de la région, de 267 millions de tonnes à 637 millions de tonnes par an, le pays souhaite entreprendre des travaux d’extension de ses ports. Lesimpacts environnementaux liés dans la zone du récif a poussé nombre de banques importantes à se retirer de leur financement. 

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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