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L’Europe veut prendre les débris spatiaux dans ses filets

Posté le par Sophie Hoguin dans Espace

Le projet européen ADR1EN regroupe plusieurs PME financées par l’Union européenne et a validé son démonstrateur grand format de récupération de débris spatiaux par filets. Première mission opérationnelle prévue en 2023.

Avec la validation de leur concept en grandeur nature à l’air libre et en apesanteur lors d’un vol parabolique, les trois PME européennes qui composent le projet ADR1EN ont été sélectionnées par l’agence spatiale européenne (ESA) pour participer à e-Deorbit, la première mission européenne de retrait d’un satellite mort prévue en 2023.

Une alliance Italie-Pologne

ADR1EN (First European System for Active Debris Removal with Nets) est porté par trois PME : STAM, une PME italienne spécialisée dans les systèmes mécatroniques qui coordonne le projet, prépare le plan d’affaires et qui est chargée de mettre au point un éjecteur de filet grand format ; SKA Polska, une PME polonaise qui a développé le simulateur de filet et le filet de collecte et OptiNav, une autre PME polonaise qui a réalisé l’installation de test et procédé aux tests de chute libre grandeur nature au sol [Voir le reportage de la télévision polonaise GP24]. Les financements proviennent en partie de « Instrument PME »* de l’Union européenne. Ils ont permis de faire face aux risques financiers liés au passage des dernières obstacles techniques notamment. ADR1EN a en outre reçu le soutien de Thales Alenia Space avec la mise à disposition d’une chambre à vide thermique et d’installations de test de contamination.

Le choix du filet

STAM,  déjà fournisseur de l’ESA depuis 1999, avait une expérience en matière de filet spatial. En effet, l’italien avait développé à petite échelle un système de capture de débris visant à protéger les infrastructures spatiales des débris en orbite. Leur système a donc servi de base au projet ADR1EN dont l’échelle est beaucoup plus conséquente. En effet, il s’agit de pouvoir récupérer un satellite mort en orbite en l’emprisonnant dans un filet afin de pouvoir le remorquer via un vaisseau spatial muni d’un câble fixé au filet. Les débris seront ensuite soient brûlés lors d’une entrée contrôlée dans l’atmosphère ou désorbités vers une zone sans danger. A ce jour, de nombreuses alternatives technologiques sont à l’étude pour capturer les débris spatiaux : bras robotisés, harpons, lasers, mais les filets font pour l’instant bonne figure grâce à un poids limité et un déploiement à distance ne nécessitant pas une extrême précision dans la phase de capture. Le projet a désormais validé la démonstration à l’échelle en chute libre et par simulation pour les conditions opérationnelles. Reste à prouver que cela fonctionnera en conditions réelles.

Un marché mondial à la clé

Mais les acteurs du projet ne compte pas s’arrêter à la mission e-Deorbit. Ils visent un véritable marché à venir et ont donc commencé à développer un plan d’affaires et de commercialisation. Soutenu sur ce plan par Franco Malerba, le premier astronaute italien, une vidéo illustre notamment les ambitions qu’ils espèrent concrétiser lors de l’expo universelle à Dubai en 2020.

Rappelons que depuis l’avènement de l’industrie spatiale environ 7 200 satellites ont été lancés et que seuls 1400 sont encore opérationnels. Les autres sont à l’abandon et tombent en morceaux. On estime ainsi que 750 000 éléments d’une taille supérieure à 1 cm sont aujourd’hui en orbite autour de la Terre et présentent un danger réel pour les coûteux équipements satellitaires et stations spatiales. D’autres débouchés sont en plus envisagés précise Umberto Battista, ingénieur chez STAM qui explique ainsi que « la technologie de filets pourrait aussi voir se développer des applications sur Terre pour la neutralisation de drones offensifs par exemple ».

Sophie Hoguin

*Instrument PME (IPME) est un dispositif financier européen intégré au programme Horizon 2020 qui vise à soutenir sur le marché mondial les PME porteuses de projets très innovants.

Pour aller plus loin

Posté le par Sophie Hoguin


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