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Décryptage

Lindane, DDT et 2,4-D : 3 pesticides sur la sellette

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) vient de publier son évaluation de la cancérogénicité de deux insecticides, le lindane et le DDT, et d'un herbicide, le 2,4-D. Ils sont classés de « cancérogène pour l'homme » à « peut-être cancérogène ».

Le CIRC estime que les preuves scientifiques accumulées chez l’homme pour le lymphome non hodgkinien (LNH) permettent  de classer le lindane dans sa catégorie la plus dangereuse, celle des molécules chimiques qualifiées de « cancérogène pour l’homme » (groupe 1). Cette classification se base notamment sur de grandes études épidémiologiques, réalisées aux Etats-Unis et au Canada, portant sur les expositions en milieu agricole. Ces études ont montré une augmentation du risque de 60 % de LNH chez les personnes exposées au lindane. 

Le lindane a été largement utilisé pour lutter contre les insectes, dans l’agriculture et pour le traitement des poux et de la gale chez l’homme. Son utilisation est désormais interdite ou limitée dans la plupart des pays, dont la France depuis 1998. 

Le tristement célèbre DDT probablement cancérogène

Le CIRC qualifie désormais le DDT de « probablement cancérogène pour l’homme » (Groupe 2A). Les experts de l’agence de l’Organisation mondiale de la Santé spécialisée sur le cancer estiment que les indications sont « suffisantes » pour conclure que le DDT engendre le cancer chez les animaux de laboratoire, mais ils ne disposent que « d’indications limitées de sa cancérogénicité pour l’homme ». En détail, « les études épidémiologiques mettaient en évidence des associations positives entre l’exposition au DDT et le LNH, le cancer des testicules et le cancer du foie », signalent-ils. Il peut aussi affaiblir le système immunitaire et perturber les hormones sexuelles, mais n’a pas pu être associé au cancer du sein. 

Le DDT a été largement utilisé pour lutter contre les maladies vectorielles au cours de la Seconde guerre mondiale par les militaires, mais aussi par les civils, en agriculture, dans les maisons et contre des maladies vectorielles (paludisme, typhus…). La plupart des utilisations du DDT ont été interdites dans les années 1970, mais la molécule et ses sous-produits de dégradation sont très persistants dans l’environnement et continuent de le contaminer. A travers le monde, ils continuent de s’accumuler dans les tissus adipeux des animaux et des humains. L’exposition se fait principalement par l’alimentation. 

Le 2,4-D, un herbicide largement utilisé

L’herbicide 2,4-D, encore largement utilisé pour lutter contre les « mauvaises » herbes en agriculture, en foresterie, en ville ou chez les particuliers, est classé par les experts comme « peut-être cancérogène pour l’homme » (Groupe 2B). Il induirait un stress oxydatif possible chez l’homme et pourrait entraîner une immunodépression, selon des études in vivo et in vitro. « Cependant, les études épidémiologiques ne mettaient pas en évidence de hausses importantes ou uniformes du risque de LNH ou d’autres cancers par rapport à une exposition au 2,4-D », précise le CIRC. Tout un chacun peut être exposé par le biais de son alimentation, de l’eau, de la poussière ou d’applications résidentielles, et pendant la pulvérisation. 

Cette triple évaluation a été menée par un groupe de travail de 26 experts venus de 13 pays différents. Ils se sont basés sur une revue de la littérature scientifique disponible la plus récente. Si ces évaluations indiquent le degré des indices selon lesquels l’une de ces substances peut provoquer un cancer dans certaines circonstances, elles ne précisent pas le niveau de risque  associé à une exposition, c’est-à-dire la probabilité de développer un cancer. Ces niveaux de risques dépendent notamment du type ou de l’étendue de l’exposition et « sont très limités aux niveaux actuels d’exposition », selon le CIRC.

Lire aussi : Le CIRC classe le glyphosate « cancérigène probable »

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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