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Nanomatériaux, des matériaux très petits et potentiellement dangereux (rapport)

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

AFP

L'agence française de sécurité alimentaire et sanitaire Anses a mis en garde jeudi contre les dangers potentiels mais encore largement inexplorés des matériaux de l'infiniment petit, les nanomatériaux, et réclamé une réglementation européenne plus stricte à leur égard.

Les nanomatériaux sont des matériaux naturels ou manufacturés constitués de particules dont la taille se situe entre 1 et 100 nanomètres, soit 1 à 100 milliardièmes de mètre.

Cette taille intermédiaire entre la taille des atomes et celle des matériaux classiques leur confère des propriétés physiques, chimiques et biologiques particulières.

« Les nanomatériaux représentent un domaine de la recherche scientifique et technique en pleine expansion » en raison de ces propriétés et de leurs applications industrielles, explique dans un rapport l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) .

« L’utilisation des nanomatériaux est en plein essor et désormais, ils entrent dans la composition de nombreux produits de la vie courante disponibles sur le marché : cosmétiques, textiles, aliments, peintures, etc », indique l’agence.

Mais les effets de ces nanomatériaux sur l’homme restent encore largement méconnus, faute d’étude. « Il n’existe pas à l’heure actuelle de données » sur la toxicité directe de ces produits sur l’homme « en raison de l’absence d’études épidémiologiques », relève l’Agence.

Plusieurs éléments plaident pour la prudence vis-à-vis de ces nouveaux matériaux. En premier lieu, la petitesse de leurs particules leur permet de franchir les barrières physiologiques, comme la peau ou les muqueuses qui constituent les protections naturelles du corps.

Ensuite, des tests in vitro et in vivo sur l’animal indiquent une toxicité pour certains d’entre eux.

En particulier, des nanotubes de carbone, utilisés comme additifs ou revêtements dans l’industrie, peuvent entraîner le développement anormal d’embryons, causer des cancers ou bien des maladies respiratoires, souligne le rapport.

Ces mêmes nanotubes de carbone peuvent aussi avoir des effets toxiques sur l’environnement avec par exemple un effet antimicrobien lorsqu’ils sont dispersés dans le sol.

Des études plus approfondies sur ces nanotubes de carbone et sur leurs effets à long terme seraient donc nécessaires, souligne l’Agence.

De manière générale, l’Anses « recommande la mise en oeuvre de projets pluridisciplinaires permettant de développer les connaissances sur les caractéristiques des nanomatériaux et de leurs dangers, tout au long du cycle de vie des produits ».

En attendant, l’Agence recommande la prudence et « appelle, dès à présent, à un encadrement réglementaire renforcé des nanomatériaux manufacturés au niveau européen, afin de mieux caractériser chaque substance et ses usages, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie des produits ».

La règlementation européenne en matière de classification et d’étiquetage (CLP) et celle sur les produits chimiques (REACh) devrait s’appliquer au nanomatériaux afin d’en « renforcer la traçabilité » et de mieux contrôler l’exposition de la population, estime l’Anses.

Selon un premier recensement officiel pour ce type de matériaux, publié en novembre, 282.000 tonnes de nanomatériaux ont été produites en France en 2012 et 222.000 tonnes ont été importées.

Le parti écologiste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a « salué la position responsable de l’Anses ».

Michèle Rivasi, élue au Parlement européen et tête de liste pour EELV dans le sud-est de la France aux élections européennes du 25 mai, appelle dans un communiqué à « l’application du principe de précaution pour les nanotechnologies ».

« Face aux nombreuses inconnues scientifiques sur les nanomatériaux, nous avons deux certitudes : ces particules sont déjà présentes dans notre quotidien et l’innovation technologique devance largement l’encadrement réglementaire », souligne l’élue européenne .

« Avec l’amiante, nous avons un précédent technologique qui a tourné à la catastrophe sanitaire (…) Il s’agit de ne pas recommencer », ajoute-t-elle.

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