Un homme a été condamné lundi en Martinique à douze mois de prison, dont huit ferme, pour apologie du terrorisme après avoir publié des messages racistes se réjouissant de l’attaque meurtrière de Trappes (Yvelines).
Il avait publié vendredi plusieurs commentaires sur Facebook après l’attentat raciste au cours duquel Kévin T. a tué Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d’origine africaine, et a blessé plusieurs autres personnes.
Le prévenu, Patrick M., avait notamment écrit qu’il fallait « plus de Kévin » et que « le grand nettoyage » allait commencer.
« Ces mots ne prêtent pas à confusion et s’inscrivent dans un contexte », a estimé le procureur pendant ses réquisitions, qualifiant ces publications d' »attaque à l’humanité » et rappelant que la liberté d’expression connaissait des limites.
Jugé en comparution immédiate, Patrick M. a été condamné à douze mois de prison, dont huit ferme, une interdiction de séjour en Martinique pendant trois ans, un suivi socio-judiciaire de même durée et dix ans de privation de ses droits civiques. Il réside en Martinique depuis quatorze ans.
La partie ferme de la peine pourrait être aménagée sous bracelet électronique par le juge de l’application des peines.
Le tribunal lui a par ailleurs interdit d’utiliser les réseaux sociaux pendant six mois et lui a imposé une obligation de soins. En cas de non-respect de son suivi socio-judiciaire, il encourt deux années d’emprisonnement supplémentaires.
Selon le président du tribunal, Patrick M. a assuré avoir fait référence à des « casseurs » et des « pilleurs » dans ses publications, ajoutant être opposé à la violence.
Son avocat, Me Camille Célénice, a estimé qu’il avait été influencé par le climat politique et les discours de l’extrême droite française. « Il a eu une réaction complètement imbécile et il le regrette amèrement », a-t-il déclaré à l’issue de l’audience.
Le tribunal a également accordé 1.000 euros de dommages et intérêts à chacune de trois associations constituées parties civiles, ainsi qu’un euro symbolique à plusieurs personnes physiques.
Patrick M. a dix jours pour faire appel.
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