Les fabricants d’engrais en France ont mis en avant mercredi les efforts réalisés pour réduire la teneur en cadmium dans les fertilisants, alors que l’alimentation est désignée comme première source d’exposition prolongée à ce métal toxique via la contamination des sols agricoles.
Le cadmium est naturellement présent dans l’environnement, mais certaines activités humaines peuvent augmenter la présence de ce métal toxique en cas d’exposition prolongée.
Un nouveau rapport de l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a confirmé la surexposition des Français, l’alimentation générant jusqu’à 98% de l’imprégnation au cadmium des non-fumeurs. Il recommande d’agir « à la source », sur les sols agricoles (engrais minéraux phosphatés, effluents d’élevage).
La filière des engrais « est depuis de nombreuses années pleinement engagée dans la réduction des apports en cadmium », a réagi mercredi leur association, France Fertilisants, qui relève depuis 1988 une réduction d’environ 70% de l’usage des engrais minéraux phosphatés en France.
« Parallèlement, les industriels développent des solutions pour réduire les teneurs en cadmium, notamment via des procédés de décadmiation, qui restent toutefois complexes et coûteux et ne peuvent constituer l’unique réponse », ajoute le communiqué.
Le secteur « regrette » d’être pointé du doigt, au détriment d' »une approche globale » intégrant « les politiques alimentaires, la diversité des profils de consommation, les usages industriels »… Il ajoute que la présence de cadmium dans les sols tient aussi à la géologie, ainsi qu’à d’autres sources comme les retombées atmosphériques ou certains intrants organiques.
L’Anses recommande d’appliquer « dès que possible » les valeurs limites en cadmium dans les engrais minéraux phosphatés épandus sur les sols agricoles qu’elle préconisait déjà en 2019: 20 milligrammes par kilogramme maximum contre 90 mg en France et 60 mg dans l’Union européenne actuellement.
Le ministère de l’Agriculture avait mis en consultation en octobre 2023 un arrêté envisageant de le réduire, sans suites depuis.
« C’est en cours », a juste indiqué mercredi la ministre Annie Genevard à des journalistes, en marge d’un colloque.
Des représentants du secteur des engrais avaient indiqué à l’AFP en 2025 qu’un abaissement de la limite à 20 mg « ne serait pas un problème ».
L’Unifa (devenue France Fertilisants) soulignait alors que les fabricants respectaient déjà « tous la limite européenne des 60 mg/kg » et que certains, notamment en provenance du Maroc qui fournit la moitié des engrais phosphatés, étaient inférieurs.
« Il y a des sources de phosphates à 40 mg et même à 20 mg/kg », avait précisé son président d’alors Jacques Fourmanoir, expliquant que le phosphore sédimentaire est présent dans une veine qui court dans toute l’Afrique du Nord, avec des teneurs différentes.
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