Le gouvernement va bientôt abaisser les limites maximales de cadmium dans les engrais, après des recommandations de l’agence sanitaire Anses soulignant que l’alimentation est la première source d’exposition prolongée à ce métal toxique via la contamination des sols agricoles.
Un décret et un arrêté destinés à « uniformiser et renforcer l’encadrement de l’innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture » doivent être publiés après l’avis du Conseil d’Etat, attendu « d’ici avril », a-t-on indiqué mercredi au ministère de l’Agriculture.
Ces textes rejoignent « les recommandations de l’Anses relatives à l’abaissement des apports en cadmium » avec « une trajectoire de diminution » retenue par le gouvernement « à la fois exigeante et réaliste », souligne-t-on au ministère.
Interrogé par l’AFP sur l’évolution des valeurs limites en cadmium dans les engrais minéraux phosphatés épandus sur les sols agricoles, le ministère a précisé que la diminution serait progressive, passant « de 90 milligrammes par kilogramme actuellement à 60 mg/kg en 2027, 40 mg/kg en 2030 et 20 mg/kg après une étude d’impact favorable et avant 2038 ».
Dans son rapport, l’Anses recommande d’appliquer « dès que possible » les valeurs limites en cadmium dans les engrais minéraux phosphatés épandus sur les sols agricoles qu’elle préconisait déjà en 2019: 20 milligrammes par kilogramme maximum contre 90 mg en France et 60 mg dans l’Union européenne actuellement.
La baisse envisagée, très progressive, est loin des recommandations d’urgence de l’agence sanitaire au regard de la confirmation d’une surexposition des Français, l’alimentation générant jusqu’à 98% de l’imprégnation au cadmium des non-fumeurs.
L’Anses recommande d’agir « à la source », sur les sols agricoles (engrais minéraux phosphatés, effluents d’élevage).
Le cadmium est naturellement présent dans l’environnement, mais certaines activités humaines peuvent augmenter la présence de ce métal toxique en cas d’exposition prolongée.
Le ministère de l’Agriculture estime que sa trajectoire de baisse « permet aux professionnels de se projeter pour faire évoluer de façon pérenne leurs pratiques ».
En outre, il indique conduire chaque année des plans de surveillance et de contrôle dans les denrées alimentaires. « Ces dernières années, les résultats de contrôles montrent une conformité à plus de 99,5% des denrées ».
Par ailleurs, les services du ministère de l’agriculture « travaillent avec le ministère de la Santé sur d’éventuelles recommandations pour les gros consommateurs de certains types de produits, afin de formuler des recommandations ciblées sur certaines pratiques de consommation ».
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