Le gouvernement cambodgien a approuvé vendredi un projet de loi prévoyant de lourdes peines contre les personnes impliquées dans des cyberarnaques, a déclaré à l’AFP le ministre de l’Information Neth Pheaktra.
Le texte vise à « éliminer les cyberarnaques du territoire cambodgien », a-t-il indiqué. « Le Cambodge n’est pas un paradis ni un refuge pour les criminels ».
Les responsables de centres de cyberarnaques encourront entre cinq et dix ans de prison et une amende pouvant atteindre un milliard de riels (environ 215.000 euros).
Les peines pourront grimper jusqu’à 20 ans et deux milliards de riels en cas de violence, torture, séquestration, traite d’êtres humains ou travail forcé, et jusqu’à la perpétuité en cas de décès, selon le projet de loi consulté par l’AFP.
Les fraudeurs de rang inférieur risqueront eux entre cinq et dix ans de prison et une amende maximale d’un milliard de riels si les escroqueries sont menées à grande échelle au sein d’un groupe organisé.
Le Cambodge est devenu ces dernières années une place forte de la cybercriminalité. Des arnaqueurs – consentants ou contraints de travailler sous la menace – y piègent des internautes du monde entier à travers de fausses relations amoureuses ou des investissements dans les cryptomonnaies.
Mais sous la pression de la Chine et de plusieurs autres pays, les autorités cambodgiennes, longtemps accusées de fermer les yeux, affirment s’attaquer avec force à cette industrie pesant des milliards de dollars.
Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a déclaré le mois dernier à l’AFP que les centres d’arnaques « détruisaient » l’économie de son pays et en ternissaient l’image, tout en promettant de « nettoyer tout cela ».
Un rapport de 2024 de l’Institut des Etats-Unis pour la paix a estimé à 12,5 milliards de dollars par an les revenus issus de la cybercriminalité au Cambodge, soit la moitié du produit intérieur brut du pays.
Chhay Sinarith, responsable de la commission gouvernementale anticybercriminalité, a affirmé cette semaine à l’AFP que le Cambodge comptait « éradiquer » d’ici fin avril cette industrie clandestine dans le pays.
Selon lui, près de 350 centres d’arnaques et casinos ont été fermés par les autorités depuis juillet, plus de 200.000 personnes ont fui le pays et environ 10. 000 autres ont été expulsées.
Cette campagne de répression, que certains analystes dénoncent comme un écran de fumée, a vu l’arrestation en janvier du plus gros acteur du secteur, le magnat Chen Zhi, extradé vers la Chine.
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