La justice commerciale a rejeté un projet visant à relancer une partie de l’activité de l’entreprise chimique Vencorex, ont indiqué mercredi ses porteurs, qui dénoncent une décision « totalement incompréhensible » et entendent épuiser « tous les recours ».
« A notre immense surprise ce matin, on a appris que notre offre n’était pas retenue » par le tribunal des activités économiques (TAE) de Lyon, a déclaré l’entrepreneur Olivier Six, l’un des acteurs du projet Exalia avec une ex-salariée, mis sur pied l’an dernier après le rachat d’une partie de Vencorex par son concurrent chinois Wanhua. Le tribunal a en revanche validé la cession d’une partie des terrains à Suez et « attribué la totalité de la ferraille de la plateforme à un ferrailleur », a-t-il ajouté.
L’objectif d’Exalia, « projet de souveraineté (et) stratégique », était de produire de façon décarbonée de l’acide chlorhydrique, de la soude et du chlore liquide à destination de l’industrie et de l’agroalimentaire, a-t-il rappelé lors d’un point presse au Pont-de-Claix, près de Grenoble, où l’entreprise devait voir le jour avant fin 2027 et prévoyait la création d’un millier d’emplois à l’horizon 2030.
Il s’agit d’un « projet extrêmement solide », doté de 80 millions d’euros de financement, « qui doit et qui devait être un symbole de la réindustrialisation » du pays, a-t-il souligné. « On n’a pas encore les argumentaires (du TAE), mais c’est la totale incompréhension, un écoeurement inimaginable », a-t-il ajouté.
« Aujourd’hui, on demande aux plus hautes sphères de l’État (…) de regarder ce dossier et de voir pourquoi on en est là », a-t-il ajouté, rappelant que le ministre délégué à l’industrie Sébastien Martin était attendu jeudi au Pont-de-Claix pour une conférence de la CGT dédiée au « Made in France ». M. Martin, lors d’une précédente visite en novembre, avait qualifié le projet Exalia d' »extrêmement sérieux ».
– La CGT réclame une commission d’enquête –
« Ce qui a été décidé, c’est de donner cette offre à un ferrailleur. C’est un symbole quand même fort, c’est-à-dire qu’on préfère démanteler plutôt que se dire qu’il y a une chance que ce projet aboutisse », s’est désolée de son côté Séverine Dejoux, ancienne déléguée syndicale de Vencorex, et coporteuse du projet Exalia.
« C’ est le symbole de l’abandon de l’industrie française c’est un scandale national ! », a réagi auprès de l’AFP la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui demandera jeudi à Sébastien Martin, « de nationaliser, ce qui permettrait de relancer (le) projet, (…) soutenu par la BPI », la Banque publique d’investissement.
« Aujourd’hui, on est encore plus inquiets qu’avant. (…) On épuisera probablement toutes les voies de recours possibles parce qu’on n’arrive pas à se résoudre, à se dire c’est fini pour cette plateforme », a ajouté Mme Dejoux, appelant à « des actes » de la part du ministre.
Selon Mme Dejoux, il revient désormais à la procureure de Lyon de porter un éventuel recours contre la décision du TAE, qui avait déjà l’an dernier déclaré « irrecevable » une offre de reprise en coopérative de Vencorex concurrente de celle de Wanhua.
Christophe Ferrari, président de la métropole de Grenoble et maire de Pont-de-Claix, s’est de son côté déclaré « tétanisé par une décision hors sol et qui ne tient pas compte de l’intérêt public ».
Le projet devait permettre, à horizon un an, de créer « autour de 150 emplois, et à plus long terme ça pouvait être 300 à 500 emplois », selon Sophie Binet, qui demande l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le dossier Vencorex, « un scandale de A à Z ».
ngu-ahe/dfa/LyS
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !