Le site Conspiracy Watch, observatoire en ligne des théories du complot, prévoit de sortir en décembre le premier numéro d’un magazine papier, « Complorama », a indiqué mardi à l’AFP son fondateur, Rudy Reichstadt.
Conspiracy Watch a lancé mardi une campagne de préventes sur la plateforme Ulule pour ce magazine de 164 pages (19,50 euros). Un plancher de mille préventes est nécessaire pour qu’il puisse être imprimé.
Si c’est le cas, les souscripteurs le recevront à partir de mi-décembre. Le magazine sera aussi disponible en kiosques, puis il sera vendu en librairie à partir du 8 janvier. L’objectif est d’en faire un semestriel, avec la parution d’un deuxième numéro avant l’été.
« La logique qui nous guidait jusqu’à maintenant, c’était d’être là où le complotisme était le plus dynamique, sur internet d’abord puis sur les réseaux sociaux. Mais il nous est apparu qu’il fallait compléter l’éventail par le papier », a déclaré Rudy Reichstadt à l’AFP.
« Le papier nous permet d’échapper à la dictature de l’algorithme » des réseaux sociaux, poursuit-il. « Sur les plateformes les plus visitées, comme TikTok ou X, on a du mal à se faire entendre, et même à être visible », car « les algorithmes privilégient le clash, la polarisation, l’extrémisme », estime-t-il.
En outre, un magazine sur le complotisme « n’existe pas dans l’offre éditoriale actuelle ». « On est à 7 mois d’une élection présidentielle, qui peut être un moment de complotisme électoral », juge Rudy Reichstadt.
Avec la crise que traverse la presse papier, y a-t-il un modèle économique pour un tel journal? « L’avenir le dira », répond le dirigeant.
« Complorama » reprend le titre du podcast que tient Conspiracy Watch sur la radio franceinfo depuis 2021, et qui « fonctionne très bien, avec 200.000 écoutes par mois en moyenne », selon M. Reichstadt.
Au menu du premier numéro du magazine, le baromètre Ifop 2026 du complotisme, un dossier sur la manière dont le complotisme attaque l’institution judiciaire, un entretien avec l’ancien juge Eric Alphen ou encore une nouvelle de l’écrivain Iegor Gran.
Créé en 2007, Conspiracy Watch est financé principalement par des fondations privées, en particulier la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), par le financement participatif et par des contrats avec des entreprises (pour des interventions, par exemple), selon son fondateur. Le site emploie quatre salariés et des pigistes réguliers.
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