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Télécoms: une quinzaine de patrons européens s’opposent au banissement des équipements chinois

Posté le par AFP

Plus d’une quinzaine de dirigeants d’entreprises européennes de télécommunications ont publié mardi une position commune s’opposant au projet de bannissement des équipementiers réseaux chinois au sein de l’UE, tels que Huawei et ZTE.

Dans cette lettre publiée par un lobby du secteur, Connect Europe, 17 dirigeants d’entreprises, dont le français Orange, l’allemand Deutsche Telekom et l’espagnol Telefónica cherchent à peser sur le débat législatif européen.

En janvier, la Commission européenne avait inséré, dans un projet de loi européen sur la cybersécurité, une proposition de mesure pour bannir les équipementiers télécoms qui présentent des risques pour la sécurité des réseaux.

Cela « risque d’épuiser le capital dont le secteur a justement besoin pour les réseaux fibre, 5G et 6G », ont plaidé les entreprises.

Si l’exécutif européen n’a pas nommé explicitement Huawei et ZTE, ces deux groupes sont bien visés, et tous les autres fournisseurs qui pourraient être considérés à leur tour comme dangereux.

Depuis la proposition de la Commission, cette mesure est en discussions entre le Parlement et les États membres.

D’après des évaluations de Connect Europe, reprises dans la lettre, le remplacement des équipements réseaux en cas de bannissement représenterait un coût s’élevant jusqu’à 40 milliards d’euros.

« Nous avons besoin d’une approche proportionnée, fondée sur les risques, qui tienne compte de mesures d’atténuation alternatives, plutôt que de larges restrictions imposant le remplacement d’infrastructures », ont-ils ajouté.

D’après des calculs de la Chambre de commerce chinoise auprès de l’UE, dévoilés en mai, bannir les équipementiers en télécoms chinois du marché européen représenterait plus de 350 milliards d’euros « de pertes économiques » cumulées sur 5 ans.

Dans la même lettre, les groupes télécoms se sont positionnés contre un abandon forcé des réseaux cuivre, demandant que le passage de ce réseau vieillissant à la fibre optique soit poussé par le marché et non par la règlementation.

Cette réaction vient après une autre proposition de la Commission faite en janvier sur le règlement sur les réseaux numériques.

L’exécutif européen avait alors suggéré de donner aux États membres jusqu’en 2035, soit cinq ans de plus qu’envisagé jusqu’ici, pour fermer leur réseau cuivre.

mng/vg/spi

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