L’agence de sécurité sanitaire (Anses) s’est dite ouverte à la possibilité de mener une « expertise sanitaire sur les pratiques de production » de l’agriculture bio, dans un courrier à la Fédération de l’agriculture biologique (Fnab), critique de certaines conclusions de son rapport sur le cadmium.
Dans une vaste expertise sur l’imprégnation « préoccupante » de la population française à ce métal lourd, publiée le 25 mars, l’Anses a souligné que la principale source d’exposition était l’alimentation, contaminée notamment par les fertilisants – engrais minéraux phosphatés, effluents d’élevage, boues de stations d’épuration- épandus sur les sols agricoles.
Elle a notamment jugé l’agriculture bio « potentiellement tout aussi impactée que l’agriculture conventionnelle par la présence de cadmium », sachant que les engrais minéraux phosphatés et les autres fertilisants en cause sont aussi autorisés en bio.
Cela revient à dire que le bio « n’apporterait pas de plus-value par rapport à l’agriculture conventionnelle », ce qui est « factuellement inexact » et « porte un préjudice important à notre filière », s’est émue la Fnab dans un courrier adressé à l’agence lundi.
La filière bio a notamment souligné avoir réduit la présence de ce « contaminant reconnu cancérogène et toxique » dans ses produits grâce à la « non-utilisation de phosphates miniers » et au « recours aux matières organiques » et des « seuils renforcés ».
Mais l’expertise de l’Anses n’a pas porté sur une « comparaison » entre les « contributions respectives » du bio et de l’agriculture conventionnelle, se défend l’agence dans une missive adressée à la Fnab, signée par Gilles Salvat, son directeur général par intérim, et datée du 1er avril, que s’est procurée l’AFP.
Le patron de l’Anses propose à la filière bio un échange avec ses équipes pour répondre aux interrogations.
Il se dit aussi ouvert à une réflexion sur la possibilité d’une expertise sanitaire portant spécifiquement sur les pratiques de production de l’agriculture biologique.
Dans son rapport, l’Anses recommande d’appliquer « dès que possible » les valeurs limites en cadmium dans les engrais minéraux phosphatés épandus sur les sols agricoles qu’elle préconisait déjà en 2019: 20 mg par kg maximum contre 90 mg en France et 60 mg dans l’Union européenne.
Or le gouvernement ne prévoit d’abaisser ce seuil à 20 mg/kg qu’à l’horizon 2038, au terme d' »une étude d’impact favorable », et très progressivement, en passant à 60 mg/kg en 2027 et 40 mg/kg en 2030, selon un décret actuellement soumis au Conseil d’État.
Les sénateurs socialistes ont demandé jeudi une commission d’enquête sur l’ampleur de l’imprégnation du cadmium dans les sols agricoles et de ses impacts sur la santé.
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