La « prévention primordiale » doit devenir « un pilier de la politique de santé », préconise un rapport parlementaire, afin d’agir sur « les déterminants sociaux, économiques, environnementaux », car aujourd’hui l’essentiel des moyens publics sont employés à soigner des pathologies en partie évitables, non à les prévenir.
Remis au Premier ministre mi-juillet et présenté mercredi en commission des affaires sociales de l’Assemblée, ce rapport confié au député centriste Cyrille Isaac-Sibille déroule 48 propositions visant à accorder « autant d’importance à la prévention primordiale qu’au soin » car « 80% de la santé d’un individu dépend de ses environnements ».
« On consacre de plus en plus d’argent à notre système de soins. Or, non seulement la santé de notre population se dégrade, avec une hausse de la mortalité périnatale et des pathologies évitables, une dégradation de la santé mentale des jeunes (…), mais les inégalités s’accélèrent », a observé l’élu du Rhône, à l’approche des débats sur le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027.
« Il y a 13 années d’écart d’espérance de vie entre les plus favorisés et les moins favorisés, et l’espérance de vie n’est pas la même d’un département à l’autre », a-t-il poursuivi, appelant à investir dans la prévention avec une « vision globale », pour prévenir la sédentarité, promouvoir une alimentation équilibrée ou améliorer les environnements de vie notamment.
Le rapport appelle à « définir un nombre limité de priorités nationales » afin d’agir sur des facteurs comme le tabac, l’alcool, l’alimentation défavorable et l’inactivité physique.
Face au tabac, qui fait 68.000 morts par an, le rapport préconise notamment d' »instaurer une génération sans tabac pour les personnes nées après 2009″. Et face à l’alcool – 41.000 morts par an -, d’interdire la publicité de l’alcool sur les réseaux sociaux par les influenceurs et d’instaurer un « prix minimum d’achat du gramme d’alcool au producteur », comme l’Ecosse en 2018.
Alors que l’obésité, « associée à près de vingt pathologies évitables » et au « coût social de 20 milliards d’euros par an », progresse, le rapport prône de rendre le Nutri-Score obligatoire -une mesure rejetée à trois voix près en décembre à l’Assemblée-, de « taxer fortement » ou d’interdire les sucres ajoutés comme les produits ultra-transformés.
Autres propositions: créer « un service public permettant d’assurer un parcours de prévention de 0 à 25 ans », faire de la prévention le sixième objectif de l’Ondam (Objectif national de dépenses d’assurance maladie) avec des crédits fléchés, utiliser l’intelligence artificielle pour mettre en oeuvre un accompagnement personnalisé réduisant le risque de maladies, ou encore donner à la prévention une place « structurante dans les cursus de santé ».
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !