Le studio de jeux vidéo français Don’t Nod envisage de se séparer de 90 employés en France, a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué, un an après un premier plan social et sur fond d’incertitudes sur son avenir.
Confronté à un marché de plus en plus concurrentiel, le groupe, également présent à Montréal, a décidé de se recentrer « autour d’une ligne de production » unique à Paris, amenant « un ajustement des effectifs » pouvant aller jusqu’à la suppression de « 90 postes ».
Le créateur de la saga « Life is Strange » a déjà connu un plan de départs en 2025, qui avait mené à la suppression de près de 60 postes sur les 250 employés du studio parisien, et plusieurs journées de grève.
Le studio français, qui disposait fin juillet de 8 millions d’euros de trésorerie contre 15,4 millions fin 2025, s’inquiète également de son avenir à court terme.
« Compte tenu de la trésorerie disponible et du prévisionnel de trésorerie, la poursuite de l’exploitation demeure en partie dépendante de la mise en place de financements externes », ce qui « représente à date une incertitude significative sur la continuité d’exploitation au-delà du 31 janvier 2027 », est-il précisé.
« Les mesures envisagées aujourd’hui sont difficiles, nous mesurons pleinement ce qu’elles peuvent représenter pour les collaborateurs et collaboratrices concernés et nous veillons à mettre en place des mesures d’accompagnement nécessaires », a déclaré le PDG et confondateur Oskar Guilbert, cité dans le communiqué.
Dans un rapport rédigé en mai, les commissaires aux comptes de la société avaient déjà alerté sur l’épuisement des finances du studio en novembre. Son principal actionnaire, le géant chinois Tencent, refuse de le renflouer.
Sorti fin avril, le dernier titre de Don’t Nod, « Aphelion », jeu d’aventure sur une planète aux confins du système solaire, a connu un accueil mitigé, affichant une note « moyenne » de 64 sur 100 sur le site d’agrégateur d’avis Metacritic.
Le studio de Montréal, a priori pas concerné par les suppressions de postes, planche sur un jeu narratif fondé sur une propriété intellectuelle majeure de Netflix.
D’autres entreprises françaises du secteur traversent également une mauvaise passe.
Quantic Dream, créateur de « Heavy Rain » et « Detroit: Become Human », compte se séparer d’environ 115 salariés sur les quelque 400 que compte le studio à Paris et Montréal.
En pleine restructuration, le géant français Ubisoft poursuit ses fermetures de studio à l’étranger, récemment ceux de Winnipeg et Belgrade, et s’est séparé de plus de 4.000 employés depuis septembre 2022.
Plusieurs studios ont également mis la clé sous la porte et des dizaines de salariés ont perdu leur emploi ces derniers mois dans le sillage de la mise en redressement judiciaire de l’éditeur Nacon.
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