La France a interdit mardi la chasse au grand tétras, le plus gros oiseau terrestre sauvage d’Europe, en le retirant de la liste des espèces pouvant être chassées, un mois après l’avoir classé parmi les oiseaux protégés.
Un décret, publié au Journal officiel, « actualise la liste des espèces soumises à gestion adaptative », en en retirant cet oiseau.
La gestion adaptative est le système de gestion des espèces qui peuvent être chassées, mis en place en 2018 et censé être plus souple que la liste figée d’espèces chassables qui prévalait auparavant.
Le décret, qui entre en vigueur mercredi, « tire les conséquences de l’arrêté du 3 septembre 2026 », qui avait érigé le grand tétras « au rang d’espèce strictement protégée », est-il précisé.
Ce retrait du grand tétras des espèces chassables « est une bonne chose, mais il faut aller plus loin et stopper la chasse sur toutes les espèces fragiles », a réagi auprès de l’AFP le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg.
« La France est le pays d’Europe qui chasse le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux. Au total, la chasse est autorisée sur 64 espèces, dont un tiers sont dans un mauvais état de conservation, avec des effectifs qui diminuent chaque année », rappelle-t-il.
Le grand tétras, ou grand coq de bruyère, a été ajouté début septembre à la liste des oiseaux protégés en France, en même temps que le lagopède alpin, ou perdrix des neiges, deux oiseaux de montagne confrontés à un déclin préoccupant.
Cela faisait depuis 2009 qu’aucune nouvelle espèce n’avait été ajoutée à cette liste d’oiseaux.
Au titre de cette protection, les oeufs et les nids de ces oiseaux, ainsi que leurs sites de reproduction et leurs aires de repos, ne peuvent pas non plus être détruits, altérés ou dégradés.
« L’idée c’est de stabiliser les populations, voire d’espérer une remontée, même si cela restera difficile », avait souligné la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.
Grand tétras et lagopède alpin subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, qui réduit progressivement leur habitat. S’y ajoutent le dérangement lié aux activités humaines en montagne et l’artificialisation des milieux.
Le déclin en France du grand tétras a été « spectaculaire », souligne la LPO: ses effectifs ont chuté de près de 80% depuis 1960 dans les Pyrénées, où l’espèce ne subsiste aujourd’hui que sous forme de populations fragiles, avec également quelques noyaux résiduels dans le Jura et les Vosges.
Sa chasse avait déjà été interdite provisoirement, pour une durée de cinq ans, en 2022, après une décision du Conseil d’État.
Un plan de réintroduction avait été mis en place dans les Vosges en 2024 mais ne sera pas poursuivi au vu de la mortalité de la quasi-totalité des individus réintroduits.
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