Une trentaine de chalutiers sont restés à quai mercredi en Bretagne pour alerter sur la hausse des prix du gazole qui plombe la rentabilité de la flotte hauturière, tandis que les pêcheurs de Méditerranée appellent à la grève la semaine prochaine.
« Entre 25 et 30 navires hauturiers sont restés à quai ou à l’arrêt près des côtes », a indiqué à l’AFP Jacques Doudet, secrétaire général du comité des pêches de Bretagne.
« C’était important de marquer le coup. La hausse du prix du gazole est extrêmement violente et ça risque de ne pas s’améliorer à court terme », a-t-il ajouté.
Le comité national des pêches appelait les pêcheurs « à cesser temporairement leur activité » mercredi entre 12H00 et 15H00, afin d’obtenir une aide au gazole de 40 centimes par litre, contre 20 centimes actuellement.
Le prix moyen du litre de gazole pêche détaxé s’établissait à 1,05 euro lundi, contre 64 centimes le 2 mars, au début de la crise énergétique générée par la guerre au Moyen-Orient, selon l’observatoire du carburant .
« La prochaine fois, tous les bateaux seront à quai si l’Etat ne fait rien », a prévenu Sébastien Le Prince, dont le chalutier est à l’arrêt au Guilvinec (Finistère) depuis lundi.
« On est en déséquilibre. Toutes nos factures ont augmenté de 50% depuis le Covid et on ne peut rien répercuter sur le prix du poisson », a-t-il expliqué.
Le mouvement n’est toutefois pas massif parmi les pêcheurs bretons. « C’est un peu sporadique. Tout le monde est dans l’expectative », a souligné Yves Foëzon, directeur de l’organisation de producteurs Pêcheurs de Bretagne.
« La pêche côtière arrive encore à faire le dos rond », a-t-il ajouté.
Fileyeur à Lorient, David Le Quintrec arrive ainsi à diviser sa consommation de carburant par deux en pêchant plus près des côtes. « L’effort de pêche va se concentrer sur la côte. Ça va amenuiser la ressource », craint-il cependant.
Président de l’Union française des pêcheurs artisans (UFPA), M. Le Quintrec prévoit une mobilisation nationale avec les autres professions touchées (routiers, agriculteurs, taxis) si « le gouvernement ne fait rien de concret ».
C’est déjà le cas en Méditerranée, où les pêcheurs ont décidé de se mettre en grève mardi prochain, en l’absence de nouvelles avancées.
« Les propositions du gouvernement ne rentabilisent pas les armements et ne donnent pas la possibilité de rémunérer correctement les marins », a déclaré à l’AFP Bernard Perez, président du comité régional d’Occitanie.
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