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Protection des captages d’eau: les collectivités remontées contre un projet d’arrêté

Posté le par AFP

Les collectivités ont tiré vendredi à boulets rouges sur un projet d’arrêté qui réserverait les actions de protection des captages d’eau aux sites les plus pollués, faisant peser sur les contribuables le coût de la dépollution des pesticides.

Les associations de collectivités, de consommateurs et de protection de l’environnement « ont pris collectivement la parole » vendredi matin, pour « s’opposer au projet de décret a minima pour protéger l’eau potable des Français et leur pouvoir d’achat », a indiqué le réseau de collectivités Amorce.

Il s’exprimait à l’issue d’une réunion du groupe national captages, une instance interministérielle de concertation créée pour s’accorder sur les démarches de protection des captages d’eau potable.

Après la promulgation de la loi d’urgence agricole, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait promis des décrets pour renforcer la protection des captages, censée être « la grande avancée environnementale » du texte.

Selon les collectivités, 6.000 à 7.000 captages nécessitent des mesures de protection renforcées. Mais les seuils de pollution retenus par le projet d’arrêté, présenté vendredi, réduiraient à 2.000 le nombre de captages classés comme « prioritaires » et donc susceptibles de bénéficier d’un plan de protection établi par le préfet, a déclaré à l’AFP Alice Timsit, présidente de la régie publique Eau de Paris.

Cela reviendrait à « basculer d’une logique préventive à une logique curative », beaucoup plus onéreuse, et à « remplacer le principe pollueur-payeur « par le principe pollué-payeur », selon Mme Timsit, qui représentait le réseau France Eau publique.

Le réseau Amorce a également réclamé que « la lutte contre les pollutions soit financée par le principe pollueur-payeur et non par les usagers de l’eau qui pourraient voir leur facture d’eau augmenter de plus de 100 euros par an », selon lui.

La présidente d’Eau de Paris a également déploré l’absence de discussions relatives aux moyens financiers associés à ce transfert de charge sur les populations. Cette question devrait toutefois être abordée lors d’une prochaine réunion du groupe national captages, à une date qui reste à déterminer, selon Mme Timsit.

L’alimentation en eau potable de la population française est assurée par quelque 32.900 captages d’eau potable, dont 96% prélèvent de l’eau souterraine, et fournissent deux tiers du volume d’eau consommé par le pays.

Mais leur nombre se réduit: entre 1980 et 2025, près de 14.640 captages d’eau potable ont été fermés, avec pour raison première (dans 31,9% des cas) « la dégradation de la qualité de la ressource en eau », selon les données de l’administration.

Dans 41,6% des situations, les causes de cette dégradation sont des « teneurs excessives en nitrates ou pesticides » (soit environ 13% du total des fermetures). Ces produits épandus dans les champs ruissellent ensuite jusqu’aux rivières et nappes phréatiques, où est ensuite puisée l’eau qui, après traitement, alimentera les robinets.

Sur une période plus récente, depuis 2020, le nombre de captages fermés chaque année en raison de la contamination aux pesticides se situe entre 20 et 32, soit 6 à 11% du total, selon les derniers chiffres du gouvernement.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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