Plusieurs syndicats agricoles ont alerté mardi au Sommet de l’élevage en Auvergne au sujet des demandes pressantes d’aide aux agriculteurs, espérant des annonces de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard dont la venue a été reportée à jeudi.
A l’ouverture du sommet près de Clermont-Ferrand, des militants de la section Auvergne-Rhône-Alpes de la FNSEA, syndicat agricole dominant, ont déroulé une banderole sur le stand du Crédit Agricole pour alerter sur l’assurance des prairies.
L’herbe n’ayant quasiment pas poussé depuis la fin du printemps en raison du manque de pluie, les éleveurs ont dû piocher dans le fourrage prévu pour l’hiver, en attendant les indemnisations des pertes de prairie, prévues au titre du mécanisme d’indemnité de solidarité nationale (ISN).
Ils contestent toutefois les données du satellite chargé de mesurer depuis le ciel la pousse de prairies et demandent à ce qu’il soit complété par des mesures sur le terrain. Le satellite fait état de pertes de « 15-20% inférieures » à celles constatées au sol, selon la FNSEA.
Hervé Lapie, secrétaire général de ce syndicat, attend aussi des annonces jeudi sur des prêts à taux zéro pour aider les agriculteurs à reconstituer leurs trésoreries et rebondir après l’été catastrophique qu’ils ont subi.
Les Jeunes Agriculteurs (JA) attendent quant à eux des mesures budgétaires et dénoncent la suppression dans le projet de budget présenté la semaine dernière de 100 millions d’euros destinés aux régions pour leurs missions agricoles, estimant que cela va surtout toucher les budgets destinés à l’installation des jeunes.
« Nous attendons un vrai plan de rebond ambitieux », a déclaré le président des JA Jocelyn Dubost à Cournon-d’Auvergne.
Le ministère de l’Agriculture a justifié mardi cette baisse lors d’une présentation aux journalistes, affirmant que « les régions parvenaient désormais à voler de leurs propres ailes » à propos de la gestion des fonds européens de la politique agricole commune (PAC). L’Etat a ainsi décidé de supprimer la dernière tranche de 100 millions sur un total de 500 millions prévus sur les cinq dernières années pour les aider à absorber ces compétences.
Le « plan de rebond », qui devait compléter dans le budget le plan d’urgence annoncé en septembre, est « en cours de construction » et « trouvera sa place par voie d’amendement » dans le budget, a déclaré le ministère, répondant aux syndicats qui dénonçaient l’absence de mesures de rebond dans la copie budgétaire initiale.
La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, a manifesté sur le stand du ministère au sommet à Cournon d’Auvergne pour protester contre les fermetures d’abattoirs de proximité, gérés par les collectivités. En vingt ans, la France a perdu près de la moitié de ses abattoirs.
« On observe une concentration des abattoirs avec des acteurs comme Bigard, qui font reculer les élevages dans les territoires » ruraux, a déclaré à l’AFP son porte-parole Stéphane Galais, réclamant un « service public » pour les abattoirs.
Il dénonce par ailleurs un « vide sidéral » dans le budget proposé la semaine dernière par le gouvernement et demande à ce que les montants du fonds d’urgence – 1,3 milliards censés être débloqués en 2026 – soient a minima reconduits pour 2027.
« Il faut revoir la gestion des risques et constituer un vrai fond mutuel et solidaire », a-t-il ajouté.
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