L’Europe peut « aller vite et satisfaire les attentes » dans le domaine spatial, a assuré dimanche la société allemande Isar Aerospace au lendemain de son premier lancement réussi d’une fusée depuis la Norvège.
Lors d’une conférence de presse, les responsables de cette start-up munichoise fondée en 2018 se sont félicités d’être la première entreprise privée européenne à avoir mis un satellite en orbite par ses propres moyens.
Leur fusée Spectrum a décollé samedi peu après 20H00 GMT d’Andøya, au nord du cercle polaire arctique, et a réussi son deuxième vol test, retardé plusieurs fois à cause de problèmes techniques ou de sécurité.
Le premier essai en mars 2025 s’était soldé par un crash après seulement 30 secondes de vol.
Daniel Metzler, patron d’Isar Aerospace, juge « important de réaliser que l’Europe peut également aller vite et satisfaire les attentes » dans le spatial.
L’espace est l’un des axes principaux de la hausse des dépenses militaires en Europe, enclenchée depuis le début de la guerre en Ukraine face à la menace russe.
Mais le Vieux Continent est pour le moment loin de pouvoir rivaliser avec l’américain Space X, propriété du milliardaire Elon Musk, qui domine largement le marché des lanceurs.
« Un accès stratégique à l’espace, et le fait de ne pas dépendre d’un monopole […] est extrêmement important pour notre propre sécurité, pour notre propre économie, pour l’autonomie stratégique », a insisté Daniel Metzler.
Pouvoir transporter du matériel « coincé sur Terre » vers l’espace est actuellement le plus gros problème de l’économie spatiale, a-t-il poursuivi.
Start-up, entreprises, gouvernement… « Tout le monde est sur la liste d’attente de quelques entités. Je pense que cela va changer maintenant ».
Daniel Metzler a aussi fait état d’un volume de commande de dizaines de milliards d’euros et de discussions avec plus de deux douzaines de pays.
« Nous sommes en très bonnes discussions avec le gouvernement allemand sur une multitude de sujets », a-t-il simplement dit au sujet de potentiels contrats avec la Bundeswehr.
Après Andøya, Isar Aerospace développe un deuxième pas de tir au Canada, qui devrait être opérationnel début 2028.
kas/spi
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