Dans le domaine de la robotique, la Chine entend désormais convertir son avance industrielle en leadership. Lors du World Robot Conference 2026, plus de 2 000 produits, majoritairement chinois, ont été présentés. Derrière les démonstrations d'humanoïdes, l'objectif est de rendre ces robots réellement capables d'accomplir de manière autonome des tâches professionnelles.
Le spectacle des humanoïdes qui dansent, boxent ou jouent au ping-pong a une nouvelle fois attiré les visiteurs du World Robot Conference (WRC), cet événement international dédié aux technologies de la robotique, qui s’est tenu à Pékin. Mais derrière ces démonstrations, l’édition 2026 a surtout mis en avant la recherche de robots capables d’accomplir des tâches utiles dans les usines, les entrepôts, les commerces ou les services. Parmi les plus de 2 000 produits présentés, majoritairement chinois, six machines illustrent cette évolution.
Le WALL-B, développé par la start-up X Square Robot, illustre cette recherche de productivité. Ce système à deux bras identifie des colis disposés de manière désordonnée, les saisit, les réoriente, puis les dépose sur un convoyeur. L’entreprise affirme avoir atteint une cadence de 1 816 colis par heure lors d’un test, avec une précision supérieure à 98 %. Une performance qui, si elle est confirmée, illustre l’importance des robots capables de relier perception visuelle et action.
Le G1 de Galbot pousse cette logique plus loin. Avec ses roues, son torse élévateur et ses deux bras, il abandonne la silhouette humanoïde traditionnelle pour privilégier la mobilité dans les environnements où des jambes ne sont pas indispensables. Il est destiné au réassort des rayons, au transport de marchandises dans les entrepôts ou à la récupération de médicaments. Selon l’entreprise, le G1 pèse 92,5 kg, peut porter jusqu’à 5 kg avec chacun de ses bras et dispose d’une autonomie annoncée de huit heures.
Le GR-3 de Fourier explore un autre marché, celui de l’accompagnement humain. Ce robot de 1,65 mètre et 71 kg possède une enveloppe souple destinée à le rendre moins mécanique au contact des personnes. Il combine vision et interaction tactile et a été conçu pour accompagner les personnes âgées et le personnel des services publics et de l’éducation. Si les performances de ces robots humanoïdes paraissent convaincantes lors de leurs démonstrations, leur capacité à accomplir de manière autonome des tâches professionnelles reste encore à démontrer.
L’apprentissage, le nouveau défi de la robotique
Dans la même logique, LIMX Dynamics a présenté Luna, un humanoïde de 1,60 mètre destiné notamment aux centres commerciaux, aux musées et aux parcs à thème. Doté de 27 degrés de liberté répartis entre les jambes, les bras, la taille et le cou, il peut par exemple interagir avec le public ou imiter des chorégraphies. Sa particularité réside dans sa capacité à apprendre des mouvements à partir de vidéos et à reproduire ensuite des séquences synchronisées.
Cette capacité illustre un enjeu majeur pour les développeurs de robots. Ceux-ci cherchent à réduire la programmation nécessaire pour apprendre une nouvelle compétence en exploitant des modèles d’IA capables d’extraire des comportements à partir de données visuelles. Cette approche s’inscrit dans la montée de l’IA incarnée (« embodied AI »), qui vise à connecter les capacités de raisonnement des modèles d’IA aux contraintes physiques d’un robot. Les experts du secteur estiment toutefois que plusieurs années seront encore nécessaires avant l’arrivée de véritables robots capables d’exécuter de nombreuses tâches nouvelles à partir d’instructions simples.
Une autre innovation ne prend pas la forme d’un humanoïde. DEEP Robotics a présenté ses robots quadrupèdes, destinés notamment à l’inspection, à la recherche et au secours d’urgence. Leur locomotion est adaptée à des terrains irréguliers, là où un robot à roues peut perdre en efficacité. Les machines de DEEP sont déjà utilisées en Chine pour des missions de recherche, d’inspection et de secours.
D’autres robots humanoïdes sont également déjà en service dans les usines. C’est le cas de ceux de DexForce, qui sont déployés depuis le début de l’année sur une ligne de production de Lens Technology, un fabricant chinois de composants notamment destinés à Apple et Huawei. Selon l’entreprise, ils peuvent détecter puis corriger certaines erreurs, par exemple lorsqu’un téléphone est mal positionné. Cette application souligne leur capacité à non seulement reproduire des mouvements humains, mais également à s’adapter aux aléas d’une production industrielle. Le fait de pouvoir intervenir potentiellement sur une ligne existante, conçue pour des opérateurs humains, pourrait constituer un avantage par rapport aux robots industriels spécialisés.






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