Les syndicats d’infirmiers libéraux étaient « dubitatifs » mercredi sur l’idée du gouvernement de leur proposer « une offre de location de véhicules électriques » face à la flambée des prix du carburant, une solution qu’ils jugent difficilement généralisable.
Depuis plusieurs jours, les infirmiers libéraux, qui interviennent au domicile des patients et peuvent parcourir jusqu’à 200-300 km par jour, appelaient l’Etat à l’aide.
Mercredi, le Premier ministre a annoncé avoir missionné le ministre de l’Economie pour mettre en place, « dans les prochaines semaines », une offre de location de véhicules électriques pour certaines professions dont la leur.
« Toute proposition est bonne à être examinée. Un coup de pouce pour basculer plus rapidement vers l’électrique, je suis preneur », mais « il ne faut pas que ce soit une usine à gaz », a réagi auprès de l’AFP Daniel Guillerm, président de la FNI, premier syndicat représentatif des infirmiers libéraux.
Une offre de location, « je ne vois pas très bien comment ça se mettrait en place. Est-ce que ce serait des offres sponsorisées ? Du leasing ? Sur le principe, pourquoi pas. Mais il faut voir. Souvent le diable se cache dans les détails ».
« C’est mieux que rien, car on est à la peine. Je paye 24 euros de plus qu’avant par plein, tous les 4 jours. Mais l’électrique, en fonction des régions, c’est pas évident », a aussi réagi Ghislaine Sicre, présidente de Convergence infirmière.
« En campagne, ça va être compliqué de recharger, trouver une borne ». De plus, « quand il fait très chaud, l’électrique c’est une catastrophe, on a déjà testé chez moi, vers Montpellier: la voiture se décharge à vitesse +grand V+. Et quand on part voir nos patients, ça n’attend pas », a-t-elle souligné.
Anne-Gaëlle Kramer, représentante du collectif des infirmiers libéraux en colère, est aussi « très dubitative ». « Je vis en appartement et ma copropriété refuse de mettre une borne. Beaucoup d’infirmiers ont de faibles moyens, sont parfois déjà en leasing pour leurs voitures. On reste de gros rouleurs. Recharger une demi-heure au milieu d’une tournée, c’est pas réaliste », a-t-elle dit.
Les syndicats réclament tous une exonération des taxes sur les carburants, octroyée à d’autres professions.
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