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Les ambitions françaises sur le marché spatial mondial

Publié en septembre 2020

Le marché du spatial a profondément muté depuis quelques années. Ariane 5, qui a longtemps été le leader mondial des lanceurs de satellites, notamment géostationnaires, voit aujourd'hui une concurrence de plus en plus accrue se mettre en place. En effet, alors que le marché du spatial ne comptait que quelques acteurs étatiques il y a encore quelques années, aujourd'hui les entreprises privées sont entrées dans la danse, et pas pour faire de la figuration.

On pense bien sûr à SpaceX, l'entreprise dirigée par le fantasque Sud-Africain Elon Musk. SpaceX est passé du statut d'OVNI au statut de disrupteur en l'espace de quelques années. Pourtant, l'aventure Tesla aurait du mettre la puce à l'oreille des suiveurs les plus sceptiques. Aujourd'hui, l'entreprise américaine a réussi son pari : être concurrentielle sur le marché des lanceurs permettant de mettre en orbite des satellites, en généralisant ce que beaucoup d'agences spatiales comme l'ESA ou la Nasa pensaient impossible : ramener le lanceur sur Terre pour le réutiliser. Trop cher, trop compliqué, pas rentable... L'idée même semblait avoir été écartée, avant qu'Elon Musk ne s'y colle. Il a gagné son pari, en même temps que des parts de marchés sur ce secteur de pointe.

Et ce n'est pas fini, puisque SpaceX propose aujourd'hui des solutions pour convoyer dans l'espace non seulement des satellites, mais aussi des astronautes. Avec le même succès pour le moment.

SpaceX, s'il est le symbole de cette émergence d'acteurs privés dans le spatial, n'est pas seul. Mais au-delà, des nouveaux acteurs étatiques ont fait leur apparition depuis quelques années, en plus des Etats-Unis, de la Russie et de l'Europe, les trois acteurs historiques de la conquête spatiale. La Chine bien sûr, dont le programme spatial connaît de beaux succès depuis quelques années, mais aussi l'Inde, l'Afrique, les puissances du Golfe... La course à l'espace alimente aussi bien les vannes de l'innovation technologique que de la diplomatie "soft power".

Au milieu de cela, l'Europe et la France, fer de lance du programme spatial européen, aussi bien financièrement qu'en termes de projets, doit réagir vite, et s'adapter.

Nous avons choisi dans ce dossier de nous attarder sur les réponses de l'agence spatiale européenne à ce nouveau contexte. Notamment à travers le CNES, qui collabore à deux projets cruciaux pour les court et moyen termes : Ariane 6 et le moteur-fusée Prometheus.

Ariane 6 d'abord. La fusée qui doit succéder à Ariane 5, dont le développement et la conception s'opèrent en un temps record pour ce type de projet, répond à deux idées directrices : abaisser au maximum les coûts de fabrication, et être capable de placer des satellites sur une variété d'orbites plus importante qu'auparavant. Ceci dans le but de rester concurrentiel dans les années qui viennent.

Prometheus, le moteur-fusée développé depuis 2015 par le CNES, illustre la dimension de la "réponse" européenne aux innovations récentes réalisées sur les lanceurs. En effet, Prometheus doit être un moteur réutilisable. Elon Musk a levé les doutes qui existaient sur l'intérêt financier de la réutilisation. L'Europe doit donc prendre le train en marche.

Enfin, la France a aussi des atouts sur un marché émergent, celui des nanosatellites. Hemeria, une start-up française impliquée dans le développement des nanosatellites Angels, amenés à remplacer Argos pour former à termes une constellation de 25 satellites, Kyneis, est un acteur important du secteur.

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