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Introduction à la fiabilité des structures
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Introduction à la fiabilité des structures

Auteur(s) : André LANNOY

Date de publication : 10 avr. 2004

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Auteur(s)

  • André LANNOY : Électricité de France (EDF) - Division Recherche et Développement

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INTRODUCTION

Bien que rares, les événements tels que ruptures de tuyauteries, de réservoirs, d’enceintes peuvent conduire à des conséquences extrêmement graves. Jusqu’à un passé récent, on se protégeait de ces événements en prenant des marges, des facteurs de sécurité, que l’on cumulait sur l’ensemble des paramètres influents, à l’aide d’une méthodologie uniquement déterministe. Cette démarche ne permet pas néanmoins de bien connaître les risques pris. Dans l’analyse de la fiabilité des structures, les paramètres influents sont considérés comme des variables aléatoires et, à partir d’une équation physique de défaillance dont les variables sont probabilisées, on calcule la probabilité de défaillance. Les applications industrielles sont nombreuses : optimisation de la maintenance et des inspections, calcul de durée de vie résiduelle, etc.

Le retour d’expérience et la connaissance des cinétiques de dégradation sont deux des conditions essentielles d’application de l’analyse de fiabilité des structures.

Le dimensionnement des structures est fondé sur une démarche réglementaire et codifiée, essentiellement déterministe. Des coefficients de sécurité sont introduits dans les calculs afin de respecter des marges importantes pour garantir leur intégrité.

Ce dimensionnement ne permet pas d’évaluer le risque lié à la défaillance d’une structure, sa fiabilité. Il donne généralement une marge volontairement pessimiste vis-à-vis des différents modes de ruine possibles et conduit le plus souvent à des surdimensionnements, injustifiés, donc à des surcoûts. En outre certains chargements peuvent être ignorés au moment de la conception et découverts seulement à l’exploitation. Les structures vieillissent, les propriétés des matériaux peuvent se trouver altérées, les modes d’exploitation ne sont plus les mêmes.

La démarche probabiliste, de fiabilité des structures, s’avère alors essentielle. Le risque est évalué sous la forme d’une probabilité et non plus sous la forme d’un jugement binaire (le dimensionnement est acceptable ou non, l’exploitation peut être poursuivie ou non).

Le calcul de cette probabilité permet de réduire le risque de défaillance par l’organisation des programmes de maintenance-inspection, de prolonger la durée d’exploitation en optimisant leur utilisation.

Cet article donne quelques éléments de fiabilité des structures. Après avoir identifié quelques causes de défaillance des structures et les mesures préventives associées pour éviter la défaillance, on rappelle les caractéristiques principales des composants passifs. On se place volontairement avec une vision d’exploitant, cherchant à minimiser le risque de défaillance d’une structure et à optimiser son exploitation. On présente très brièvement la méthodologie d’Optimisation de la Maintenance par la Fiabilité (OMF-structures), appliquée aux composants passifs, dont un des rôles est d'optimiser les inspections en service et la maintenance. On précise brièvement les fondements du calcul de fiabilité des structures. Le lecteur intéressé pourra se référer aux ouvrages mis en référence pour de plus amples développements et pour la présentation d’applications industrielles.

Il est évident que l’on ne peut pas faire le tour en un article d’un domaine qui a donné lieu à de multiples publications depuis l’Antiquité. On se référera en particulier à la référence , bien documentée et aux références .

Le lecteur pourra consulter à titre d’exemple l’article Eurocodes [C 60] du traité Construction.

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DOI (Digital Object Identifier)

https://doi.org/10.51257/a-v1-se2070

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4. Retour d’expérience disponible

Dans le domaine de la fiabilité des structures, comme dans tous les domaines de la sûreté de fonctionnement, le retour d’expérience est essentiel :

  • il permet de mettre en évidence les mécanismes de vieillissement, leur pertinence ;

  • il recense les opérations de maintenance – inspection réalisées pour différer le vieillissement ou l’annuler ;

  • il est support de la méthode OMF appliquée aux structures.

Pourtant, dans la plupart des industries, le retour d’expérience relatif aux structures est rarement collecté, à tort.

Les données élémentaires à collecter les plus importantes sont :

  • la date de défaillance ou de dégradation ;

  • le temps de fonctionnement ;

  • la localisation de l’événement ;

  • l’effet ;

  • le mode, le mécanisme de vieillissement, sa cinétique ;

  • le type de maintenance réalisé ;

  • un résumé décrivant le défaut, la cause supposée ;

  • l’historique de l’exploitation.

Dans le cas des structures, comme on l’a déjà vu, le retour d’expérience est rare. Peu de données de défaillance sont disponibles. Par contre beaucoup de données incomplètes, correspondant aux instants de maintenance préventive ou aux fins d’observation de l’échantillon, sont disponibles. Le milieu est donc très censuré (paragraphe 6.4).

Dans ces conditions, on peut recommander la méthode BRM pour la recherche d’une loi de vieillissement modélisée par une loi de Weibull à deux paramètres. L’analyse de Weibull est tout à fait utilisable puisque la structure peut être considérée non réparable.

L’algorithme BRM simule les données incomplètes, à partir d’une loi a priori déduite de l’expertise, à partir des quatre questions suivantes, posées à un expert (de préférence, un expert de maintenance) :

  • s’agit-il...

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