Le plastique est un matériau plein de qualités, mais pourtant
mal aimé. Durant la pandémie de la Covid-19 de 2020, le caractère
hygiénique du plastique a été remis en lumière, mais il reste un matériau
très mal considéré du point de vue environnemental, en particulier
en raison de la présence de particules de microplastiques dans toutes
les mers du monde.
Au 20
e
siècle, l’Europe a joué la carte de la prévention
par la réduction de la masse et du nombre d’emballages en plastique
et par l’incitation au recyclage. Au 21
e
siècle, le paradigme
change et la lutte contre le plastique est devenue mondiale. De la
Chine aux États-Unis en passant par le Chili ou le Kenya, tous les
pays du monde mettent en place, sous l’égide de l’Organisation Mondiale
du Commerce (OMC), une politique visant à réduire, voire interdire,
un certain nombre de produits en plastique. L’Union européenne n’est
pas en reste avec son règlement du 19 décembre 2024, dit PPWR (Packaging
and Packaging Waste Regulation) qui abroge la directive historique
94/62 de 1994 et définit la politique de l’UE contre le plastique
pour les 20 années à venir en complément de la directive du 5 juin
2019 dite SUP (Single-Use Plastique).
La France avait pris une longueur d’avance avec la loi AGEC (Anti-Gaspillage
et Économie Circulaire) de 2020 qui transposait fidèlement la directive
SUP de 2019 destinée à lutter contre les produits en plastique à usage
unique et précurseur de la grande loi européenne PPWR. De 2020 à 2040
les États membres vont diminuer drastiquement l’utilisation des sacs
en plastique, interdire un certain nombre de produits en plastique
à usage unique, interdire les emballages non recyclables.
Identifier les produits concernés par les mesures antiplastique
revient à constituer une liste à la Prévert où, parmi les produits
bannis, on trouve notamment les sacs en plastique légers (épaisseur
de moins de 50 microns) sauf s’ils sont compostables, ainsi que les
pailles, gobelets, assiettes, couverts et touillettes s’ils sont entièrement
en plastique, ou bien les boîtes pour aliments et les verres pour
fast food en polystyrène. Encore interdits, les plats de réchauffe
avec des matériaux plastiques, les plastiques oxodégradables, les
microbilles dans les cosmétiques. De même, on ne doit plus offrir
de l’eau gratuitement dans des bouteilles en plastique dans les établissements
recevant du public et dans les entreprises.
En raison du principe de liberté du commerce au sein du marché
unique européen, les restrictions à l’usage du plastique et les interdictions
sont des mesures d’exception. Tout ce qui n’est pas expressément interdit
reste autorisé. La R&D reste donc...