Les fromages sont des produits très appréciés dans le monde entier.
Leurs propriétés organoleptiques se développent grâce à l’usage de
technologies fromagères diverses, mais qui passent toutes par la coagulation
du lait, l’égouttage du caillé, le salage et l’affinage en général
à basse température. C’est surtout au cours de cette dernière étape
que se développe sur des caillés une communauté microbienne dont la
structure et la composition sont différentes selon la technologie,
permettant ainsi de générer une diversité d’écosystèmes microbiens.
Comme dans tout écosystème, l’écosystème microbien fromager ou
microbiote du fromage provient d’une interaction complexe entre l’environnement
physico-chimique (substrats du caillé, humidité, composition de l’atmosphère,
température, pH, etc.) et les micro-organismes qui se développent
dans ou sur le caillé fromager.
Comme dans beaucoup de produits fermentés traditionnels, les données
récentes montrent que la complexité microbiologique des fromages est
beaucoup plus importante que ce qui était imaginé au XX
e
siècle. Les progrès réalisés portent non seulement sur la description
de la biodiversité de cette microflore, mais également sur l’origine
des espèces qui composent l’écosystème, sur les facteurs de sélection
physico-chimiques qui conduisent à la multiplication de populations
spécifiques, et enfin sur le fonctionnement de ces écosystèmes en
termes d’interactions biologiques. Ces dernières pouvant être positives,
neutres ou négatives. Pendant plusieurs décennies, l’essentiel des
recherches a porté sur les bactéries lactiques, importantes avant
tout dans les produits laitiers frais, tandis que les connaissances
récentes ont été orientées davantage sur les flores d’affinage qui
sont apparues beaucoup plus diverses du point de vue taxonomique et
fonctionnel.
Ce microbiote développe un ensemble de propriétés qui feront des
fromages des produits sains et sûrs en leur conférant une résistance
à la contamination par des agents d’altération ou, plus grave et de
façon inacceptable, à la contamination par des bactéries pathogènes.
En outre, les propriétés physiologiques des agents composant l’écosystème,
associées aux caractéristiques déclenchées par les technologies fromagères,
génèrent des caractéristiques organoleptiques spécifiques et conduisent
à la diversité des couleurs, des textures, des saveurs, et des arômes
que nous apprécions sur nos plateaux de fromage.
Les approches moléculaire mises en œuvre depuis une vingtaine
d’années, mais aussi le développement plus récent de techniques génomiques
fondées sur le séquençage haut débit, ont permis des avancées considérables
dans ces différentes problématiques. Les approches de la génomique...