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Décryptage

Les États américains défient l’Amérique de Donald Trump

Posté le par Xavier Lula dans Énergie

Alors que Donald Trump n'a pas été convié au One Planet Summit, des gouverneurs, hommes politiques et philanthropes américains ne se sont pas privés de dénoncer sa politique. Les États fédérés appellent à prendre le maximum d'initiatives, indépendamment du niveau fédéral.

John Kerry, secrétaire d’État des États-Unis durant la présidence de Barack Obama, dénonce fermement la politique de Donald Trump en matière de lutte contre le changement climatique. Contrairement à ce que tente de faire le nouveau Président américain, John Kerry souligne qu’ «il faut faire adopter une déclaration universelle par toutes les banques pour dire qu’il ne doit plus y avoir un seul investissement dans le charbon». Il appelle à la création d’une électricité décarbonée d’ici 2050. Et rappelle que 38 États ont approuvé la loi en faveur du développement des énergies renouvelables. Ces derniers représentent 80 % de la population américaine. En plus, un grand nombre de gouverneurs et maires voudraient appliquer l’Accord de Paris, même si Trump s’en désintéresse au niveau fédéral.

Continuer l’action climatique à tous les autres niveaux

Suite à l’annonce du retrait de l’Accord par Donald Trump, plusieurs États ont constitué la United States Climate Alliance, s’engageant à respecter sur leurs territoires l’objectif qui avait été pris au niveau fédéral dans l’Accord de Paris. 15 États sont engagés, représentant 36 % de la population américaine. Cela reste largement insuffisant pour compenser une politique ambitieuse au niveau fédéral. Toutefois, il s’agit d’un signal fort adressé à la communauté internationale et à la population américaine.

«Les États-Unis ne sont pas sortis de l’Accord de Paris: les scientifiques, les entreprises et les États sont encore là», veut défendre Arnold Schwarzenegger, ancien gouverneur de Californie venu prêter main forte. Il souligne notamment l’importance des coalitions internationales, comme son ONG R20 qui aide les gouvernements sub-nationaux à agir pour le climat. Il y a aussi la coalition mondiale Under2 des États et Province qui représentent plus de 1,3 milliards de personnes et 40% du PIB mondiale. Pour accélérer l’action sub-nationale et montrer que les États-Unis sont toujours dans la course, un sommet de l’action climatique est organisé à San Francisco du 12 au 14 septembre 2018. Des ONG, États, Provinces et entreprises sont attendus du monde entier.

De nouvelles initiatives pour les États américains

D’autres initiatives se lancent. John Kerry annonce le partenariat entre 8 régions de l’ouest Américain en faveur des véhicules électriques. Il s’agit de l’Arizona, du Colorado, de l’Idaho, du Montana, du Nevada, du Nouveau Mexique, de l’Utah et du Wyoming. Objectif : partager les bonnes pratiques et le développement d’un réseau commun de stations de recharge permettant les déplacements en véhicules électriques d’un État à un autre.

Le Mexique a annoncé une collaboration régionale pour mettre en place un marché du carbone dans les Amériques. Cette coalition comprend plusieurs pays: Canada, Colombie, Chili et Mexique. Mais aussi les États de Californie et Washington. Le lancement de ce marché s’inscrit dans une dynamique de renforcement des instruments de tarification du carbone et d’articulation des marchés carbone régionaux.

En fin de sommet, Michael Bloomberg, millionnaire et ancien maire de New-York, a rappelé que Donald Trump devait payer les 50 milliards de dollars promis avant pouvoir sortir de l’Accord de Paris. «Si le gouvernement ne paye pas, la fondation Bloomberg et ses partenaires s’en chargeront», a-t-il annoncé.

Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies jusqu’à fin 2016 soutient toutes ces actions. Il qualifie le retrait de Trump d’«erreur politique» et d’ «action irresponsable» jugeant qu’il se retrouve « du mauvais côté de l’histoire ». Il dit «merci aux villes et États qui continuent à s’engager». En coulisses, tout est fait pour que l’Amérique d’après-Trump puisse revenir dans l’Accord de Paris. «Donald Trump a mis Donald Trump en dehors de l’Accord de Paris, estime Arnold Schwarzenegger. Il est coincé dans le passé pendant que nous marchons vers le futur.»

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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Posté le par Xavier Lula


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