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Gaz de schiste : ce que révèle l’enquête du New York Times (2/3)

Posté le par La rédaction dans Environnement

[Gaz de schiste : ruée vers l’or ou écran de fumée ?]

Les courriers révélés par le New York Times font aussi état de questions soulevées par des cadres de l’EIA (l'agence américaine d'information sur l'énergie) et des questions difficiles qui se posent par rapport à l’exploitation des gaz de schiste. Seconde partie.

Extraits : « Suis-je juste complètement fou, ou est-ce que tout le monde approuve l’exploitation des gaz de schiste sans en connaître vraiment les implications réelles au niveau économique pour les entreprises qui travaillent dans ce secteur ? ». Un autre e-mail exprime des doutes similaires : « Je suis d’accord avec vos préoccupations au sujet de l’euphorie pour les gaz de schiste et de pétrole», écrivait un membre de la haute direction de l’EIA.

Autre exemple : « Nous pourrions être dans une « ruée vers l’or » dans laquelle quelques personnes ont développé des « monstre puits», et aujourd’hui tout le monde suppose que tous les puits seront des « monstres » ».

Les rapports annuels de l’EIA sont largement suivis par les investisseurs, les entreprises et les décideurs, car ils sont considérés comme scientifiquement rigoureux et indépendant de l’industrie. Ils informent également sur les initiatives des législateurs. Le Congrès, par exemple, a été le lieu d’examen de subventions importantes pour promouvoir les véhicules fonctionnant au gaz naturel et la réduction des impôts pour l’industrie.

Dans toute organisation aussi grande que l’EIA, il y a inévitablement des divergences d’opinion, en particulier dans les e-mails privés partagés entre collègues. C’est un fait. Un porte-parole de l’agence a d’ailleurs affirmé que ces divergences trouvent un écho dans les rapports émis par l’agence quant aux aléas de la production de gaz de schiste.

« Un des principes directeurs que nous employons est de s’attacher aux données, a déclaré Michael Schaal, directeur de l’Office du pétrole, du gaz naturel et de l’analyse des biocarburants au sein de l’EIA. Il est clair que les données montrent que le gaz de schiste est devenu une source importante d’approvisionnement en gaz naturel domestique ».

Certains employés de l’EIA regrettent la position de l’institution sur les schistes

Mais les doutes et les préoccupations exprimées dans les e-mails et la correspondance obtenus par le Times sont remarquables, parce qu’elles sont partagées par de nombreux employés, certains d’entre eux ayant des postes de premier plan. Les documents et les e-mails, qui ont été fournis au Times par des consultants de l’industrie, des fonctionnaires fédéraux de l’Energie et des chercheurs proches du Congrès, montrent le scepticisme quant à l’économie des gaz de schiste, même de la part des pontes de ces agences.

Les e-mails ont été fournis par plusieurs personnes au Times sous la condition que les noms de ceux qui les envoient et qui les reçoivent ne seraient pas utilisés.

Certains e-mails suggèrent des frustrations au sein des équipes responsables quant à leur volonté de proposer des données plus précises quant au potentiel réel des gaz de schiste.

Ainsi, par exemple, un analyste du gouvernement fédéral, décrivant une publication de l’EIA, regrettait que l’administration partage le point de vue optimiste de l’industrie. Ce dernier écrit dans un e-mail : « il semble que la science soit orientée dans une direction et que l’industrie soit orientées dans une autre. Il nous faut trouver un juste milieu, même si cela est difficile, entre les preuves scientifiques accumulées et le lobby des industriels ».

L’EIA a pour mission de proposer des informations indépendantes et impartiales servant de base à la réflexion et à la décision politique, ainsi qu’aux marchés. Sa création résulte de la crise  énergétique des années 70, suite à laquelle les législateurs ont pensé que ce genre de données permettrait d’éviter des crises similaires dans le futur.

En guise de protection par rapport aux pressions politiques et industrielles, les rapports de l’EIA ne nécessitent pas l’aval de tout autre branche du gouvernement pour être validés.

L’administrateur de l’EIA, Richard G.Newell, qui a annoncé ce mois-ci son intention de démissionner pour occuper un emploi à l’Université Duke, a salué les perspectives pour le gaz de schiste, le qualifiant de révolution dans le mix énergétique des Etats-Unis : « Les perspectives énergétiques en ce qui concerne le gaz naturel ont considérablement évolué au cours des dernières années », a déclaré M. Newell lors de la Table ronde du gaz naturel, un groupe à but non lucratif lié à l’American Gas Association (association américaine du gaz).  « L’un des virages les plus importants est de rôle joué par la transformation des gaz de schiste », a-t-il conclu.

Par Robbie Brown et Kitty Bennett

Posté le par La rédaction


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