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En chiffres

Imposer les riches pour réduire les émissions mondiales de CO2 ?

Posté le par Matthieu Combe dans Environnement

Une nouvelle étude menée par l’économiste Lucas Chancel, co-directeur du World Inequality Lab (WIL) à l'École d'économie de Paris pointe du doigt le rôle des riches dans le changement climatique. L’étude propose la mise en place de mesures d’imposition ciblées contre les plus gros pollueurs.

D’après les dernières données du World Inequality Lab (WIL), l’économiste Lucas Chancel calcule que les 1 % les plus riches du monde émettaient 17 % des gaz à effet de serre de la planète en 2019. Les 10 % les plus riches du monde émettaient près de 48 % des gaz à effet de serre, tandis que la moitié la plus pauvre de la population mondiale n’en émettait que 12 %. Ainsi, les 1 % les plus fortunés émettaient chacun 110 tonnes de CO2 en 2019, les 10 % les plus riches 31 tonnes contre seulement 1,6 tonne pour les 50 % les plus pauvres.

Les politiques climatiques pèsent pourtant le plus souvent sur les consommateurs à faible revenu et ne parviennent pas à diminuer les émissions des plus fortunés. L’étude propose donc de mettre davantage l’accent sur l’imposition des plus gros pollueurs riches. « Cela peut se faire via des instruments politiques ciblant les investissements dans les activités polluantes et fossiles, propose l’étude. Des impôts sur la fortune progressifs sur la propriété d’activités polluantes pourraient accélérer les désinvestissements, réduire les niveaux de pollution des plus riches et générer des ressources indispensables pour intensifier les investissements dans les infrastructures à faible émission de carbone. Enfin, la propriété et la vente d’actifs associés à de nouveaux projets fossiles devraient être interdites. »

Riche rimerait avec consommer et investir et donc polluer

« Depuis 1990, les émissions des 1 % les plus riches ont augmenté plus rapidement que celles de tout autre groupe en raison de la montée des inégalités économiques au sein des pays et en raison de la teneur en carbone de leurs investissements », relève l’étude. Ainsi, les émissions moyennes des 50 % les plus pauvres de la planète restent aujourd’hui environ quatre fois inférieures à la moyenne mondiale. Et le milliard d’individus les plus pauvres de la planète émet moins d’une tonne de CO2 par habitant et par an.

Il y a certes déjà des inégalités entre les pays. Ainsi, un Européen émet en moyenne 10 tonnes de CO2 équivalent par personne et par an. Pendant ce temps, un Américain du nord en émet environ 20 tonnes, un Chinois 8 tonnes, un asiatique du sud 2,6 tonnes et un Africain d’Afrique subsaharienne 1,6 tonne. Mais dans les pays riches, il y a désormais de vraies inégalités entre les populations les plus riches et les plus pauvres.

Dans de nombreux pays riches, les émissions par habitant de la moitié la plus pauvre de la population ont en effet diminué depuis 1990, contrairement à celles des groupes les plus riches. « Les niveaux d’émissions actuels de la moitié la plus pauvre de la population sont proches des objectifs climatiques par habitant pour 2030 aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne ou en France, relève l’étude. Dans ces pays, les efforts politiques devraient donc être largement concentrés sur la réduction des niveaux d’émissions de la moitié supérieure de la population et en particulier des 10 % les plus riches ». De la même façon, dans les pays à faible revenu et émergents, les actions les plus urgentes devraient chercher à réduire les émissions des plus riches pour éviter qu’elles n’explosent également.

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Posté le par Matthieu Combe


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