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Impression 3D : un boom à prévoir en 2015 ?

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

En permettant d’imprimer des objets chez soi, l’impression 3D changera-t-elle les usages du grand public ? Rien n’est moins sûr. Mais pour les entreprises et les chercheurs, le potentiel de cette technologie s’avère plutôt intéressant.

L’impression 3D serait, selon Barack Obama lui-même, une “nouvelle révolution industrielle”. Née dans les années 1980, mais popularisée ces dix dernières années par le mouvement des “makers”, ces afficionados du “Do It Yourself” (DIY – le bricolage) et de l’auto-suffisance, l’imprimante 3D permet de dupliquer ou de créer l’objet de son choix, chez soi, à la maison – une tasse, un porte-clé, mais aussi le bras d’un robot, un crâne artificiel ou des vaisseaux sanguins

L’imprimante 3D permet de passer du mode “virtuel”, d’un objet modélisé (que l’on aura conçu soi-même grâce à un logiciel, ou que l’on aura téléchargé, gratuitement, sur un site tel que Thingeverse) sur l’écran d’un ordinateur, à un objet réel, grâce à la superposition de couches de matières (plastique, cire, plâtre, bobines de filament, etc.). 

Trop complexe pour le grand public

Permettra-t-elle à tout un chacun de créer, en un clin d’oeil, le boulon qui vous manque, ou une nouvelle paire de chaussures ? Permettra-t-elle aussi aux entreprises d’optimiser le processus de production ? Encore jeune, l’impression 3D se démocratise, mais il reste encore du chemin à parcourir. 

Du moins, du côté des particuliers. Selon Terry Wohlers de Wohlers Associates, entre 2007 et 2012, à peine 68 000 “imprimantes personnelles” ont été vendues. Principaux freins : les prix des imprimantes 3D, et leur complexité. Certes, les machines les plus performantes sont aussi les plus chères – la MakerBot Replicator 2 et l’Ultimaker coûtent 2000 euros. Mais il existe désormais des appareils “low cost”, qui coûtent entre 350 et 800 euros. Ainsi, la FreeSculpt « EX1-Basic de Pearl coûte 800 euros, quand la Solidoodle coûte 400 euros, et quand la Micro 3D de Bethesda ne coûte que 200 euros.

Malgré cela, selon une étude du cabinet Wolhers Associates, le grand public continue à trainer un peu les pieds… peut-être à cause de la difficulté, pour le débutant, d’imprimer en 3D à partir des machines d’entrée de gamme. “À ma décharge, l’impression 3D est étonnamment difficile – chose que ses partisans ne crient pas sur les toits. Il y a tant de choses qui peuvent mal se passer : le bec se bouche, la machine surchauffe, le support d’impression penche trop d’un côté…”, décrit ainsi un journaliste du New-York Times.

L’impression 3D reste donc pour l’instant, à défaut d’une prise en main future plus simple, le domaine d’une poignée de “makers”, de passionnés du DIY, plutôt que de s’infiltrer dans chaque maison. Elle se démocratise, mais principalement dans les Fab Lab, et dans le monde de l’industrie.

Impression 3D mode industriel

Selon le cabinet McKinsey, d’ici à 2025, l’impression 3D devrait avoir un impact global compris entre 230 et 550 milliards de dollars. Et en 2015, selon Gartner, son marché devrait doubler – avec 217 000 pièces vendues. À l’horizon 2018, les ventes pourraient atteindre 2,3 millions d’imprimantes 3D. Le secteur des matérieux d’impression 3D (plastiques, photo-polymères, ABS, PLA, mais aussi métaux, céramiques, cire et filaments Lay Wood) devrait également connaître un vrai boom, atteignant plus de 6,9 milliards de dollars en 2019.

D’après Gartner, dans les années qui viennent, les entreprises devraient représenter 90% des ventes d’imprimantes 3D. 

L’impression 3D devrait d’abord se démocratiser dans le secteur médical – avec la conception d’appareils auditifs et de prothèses adaptées à chaque personne. Elle devrait aussi être largement utilisée par les créateurs et l’industrie de pointe, pour le prototypage, l’innovation et le développement de produits – bijoux, pièces d’avion, vêtements, meubles, composants électroniques, etc. L’impression 3D intéresse aussi les ingénieurs automobiles, une voiture, la Strati, ayant déjà été entièrement imprimée via cette machine. 

Selon Gartner, les coûts d’acquisition des machines professionnelles (entre 300 000 et 1 million d’euros), freinent encore les investissements des entreprises. Mais d’ores et déjà, pour celles qui ont passé le pas, l’impression 3D leur a permis de réduire les coûts de production de 4% – en plus du gain de temps et d’un processus de fabrication simplifié, notamment pour la réalisation de pièces complexes. Ce qui devrait permettre, à terme, espère le Nouvel Economiste, de relocaliser les usines.

Pour Mathilde Berchon, auteur du livre L’impression 3D, la “révolution industrielle” tant promise par certains experts, est encore loin devant nous : “certains secteurs comme le biomédical, l’aéronautique, le spatial et certains domaines de niche vont connaître des transformations importantes en relocalisant les usines. Il s’agit de tous les domaines où la réalisation de pièces uniques a une importance majeure, comme les implants dentaires ou les prothèses auditives. Mais ce n’est pas du tout la révolution globale annoncée en fanfare par certains.”

Par Fabien Soyez

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