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Décryptage

Vêtements connectés : bientôt une seconde peau high tech ?

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Oubliez les bracelets ou les montres connectées : bientôt, le temps sera peut être aux chaussures, aux T-Shirt ou aux caleçons intelligents… A moins qu’il ne s’agisse que d’un effet de mode passager.

Dans le sillage des télévisions intelligentes ou des Google Glass, les montres et les bracelets connectées ont la côte. Qu’il s’agisse des bracelets Fitbit ou Jawbone, ou de l’Apple Watch, ces gadgets permettent le “quantified self”, ou auto-mesure de données concernant sa santé.

Les “wearable devices” (les technologies qui se portent) permettent de surveiller votre sommeil, vos nombre de pas effectués par jour, votre rythme cardiaque, votre tension, ou vos calories brûlées. En 2018, le marché de ces objets connectés devrait peser 30 milliards de dollars. 

Dans la logique de joujous high tech se miniaturisant sans cesse davantage, sont apparus les vêtements connectés. 2015 devrait ainsi être l’année des “smart clothes”, ou textiles intelligents. Encore plus simples que les bracelets ou les montres, puisqu’ils se “portent” littérallement, devenant partie intégrante de votre corps. D’après le cabinet d’études Gartner, 10 millions de vêtements intelligents devraient être vendus durant l’année qui vient, et 26 millions en 2016.

Bienvenue dans l’ère du “smart sensing”. Désormais, vos vêtements vous permettront de surveiller votre état de santé. En 2012, déjà, un designer anglais avait conçu des chaussures GPS, qui vous indiquent le chemin de la maison.

T-Shirt et body pour bébé connectés

Aujourd’hui, les T-Shirts connectés d’OM Signal, dont la technologie se retrouve aussi dans le “Polo Tech” de Ralph Lauren, permettent de mesurer la respiration et le pouls, puis de transmettre ces informations à un smartphone via le Bluetooth. Ils vous permettront, si vous êtes un sportif, d’enregistrer des informations sur vos courses, ou sur votre rythme cardiaque, comme le  T-shirt Gymi (encore à l’état de prototype).

Si vous êtes jeune parent, sachez qu’il existe aussi un… body connecté (pour l’instant réservé au marché US), le Mimo, qui permet de surveiller votre bébé quand il dort.

Pas de miracle : pour collecter toutes ces données, ces vêtements “intelligents” sont munis de capteurs. Bien sûr, une question se pose : celle de l’utilisation des données par l’entreprise à l’origine du vêtement porté. Comme l’indique la CNIL dans son dernier livret (Cahiers IP n°2), intitulé “le corps, nouvel objet connecté”, les informations collectées, si elles sont croisées, peuvent révéler l’état de santé de l’utilisateur, violant ainsi sa vie privée.

Sachant que les leaders du “quantified self”, Withings, Fitbit, Runkeeper, Jawbone, ou Nike+, tentent de “monétiser” les données personnelles, en les revendant aux publicitaires – et pourquoi pas, un jour, aux assureurs ou à votre patron ? Et que dire des risques de piratage, sachant que des hackers ont déjà réussi à percer la sécurité de pacemakers connectés, et de bien d’autres objets connectés ?

Effet de mode ou révolution ?

Au delà de ces questions, et s’il ne s’agissait que d’un effet de mode, d’un soufflet qui risque de se dégonfler après un succès bref, à l’image des Google Glass, qui ne semblent désormais plus intéresser que le monde de l’entreprise ? 

Pour certains, la force des vêtements connectés, serait justement leur nature de vêtements : “la convergence avec la mode sera bientôt déterminante. A l’avenir, vous vous rendrez dans un magasin pour acheter une chemise ou un soutien-gorge, et vous n’aurez même pas à vous poser la question, ils seront connectés”, prophétise Stéphane Marceau, président d’OMsignal.

Une prédiction optimiste, sachant que nous n’en sommes encore qu’à la Préhistoire des “wearable devices”. Il serait peut être un peu trop tôt pour analyser ce qui n’est pour l’heure que l’ombre d’une tendance, les vêtements intelligents n’étant que les derniers venus dans la famille des objets connectés à porter sur soi – et ne représentant en 2015, prédit l’Observatoire des textiles techniques, que 1,5 milliards d’euros, c’est-à-dire pas grand chose encore. « Le marché des wearables est à l’âge de pierre pour l’instant. Il doit y avoir de grosses améliorations pour améliorer leur attrait », indique Marina Koytcheva, du cabinet CCS Insight, à ZDNet.com.

En avril dernier, Nike a abandonné son bracelet intelligent, “FuelBand”, et licencié 55 personnes. Révélateur ? Selon Gartner, les vêtements connectés sont pour l’instant vendus trop chers – 200 euros pour les T-Shirts d’OMsignal, ou 350 euros pour le D-Shirt par exemple -, pour intéressant le grand public. Il s’agit dont, pour le moment, d’objets réservés à une poignée d’utilisateurs, soit geeks, soit fortunés, soit fans du quantified self – et sportifs, pour la plupart.

D’après le cabinet, la démocratisation devrait survenir dans les 5 prochaines années. Angela McIntyre, analyste chez Gatner, explique au Guardian : “les consommateurs auront davantage de choix en 2015, en matière de bracelets et montres connectés. Mais l’expansion du quantified self va attirer de nouvelles personnes, qui n’ont pas envie d’avoir des écrans au poignet ou de porter une seconde montre en plus de leur modèle traditionnel”. En d’autres termes, plutôt que de s’encombrer avec toute une panoplie d’objets, le consommateur finira probablement par préferer n’en porter qu’un seul – un objet épousant son corps, sorte de seconde peau high tech.

Fermons les yeux, et rêvons  un jour, peut être, n’aurons-nous même pas besoin de T-Shirt connectés, les capteurs se trouvant… sous notre peau. Un peu science-fictionnesque. Mais certains y croient : selon une étude de Forrester Research, 8% des Américains sont séduits à l’idée de se faire tatouer des capteurs connectés. Et pour cause, puisque depuis l’été dernier, VivaLnk commercialise un tatouage NFC, permettant de déverrouiller son smartphone avec le bras.

Par Fabien Soyez

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