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La balise Téléray, maillon de la surveillance du taux de radioactivité en France

Posté le par La rédaction dans Entreprises et marchés

Alors que le panache radioactif de Fukushima a commencé à atteindre la métropole le 23 mars, arrêtons nous sur un outil de mesure de la radioactivité de l'air ambiant, la balise Téléray.

Un climat de défiance, lié à un certain manque de transparence

Le nuage radioactif de Fukushima, rebaptisé « panache » en raison de sa faible concentration, conséquence de la catastrophe nucléaire entamée le 12 mars 2011 au Japon, effraie à plus ou moins juste titre les Français, habitués à une transparence toute relative concernant les incidents nucléaires de la part des pouvoirs publics (on pense au précédent de Tchernobyl). Allant jusqu’à se ruer sur les compteurs Geiger, ou sur les pastilles d’iode (pour saturer la thyroïde avec de l’iode stable empêchant l’iode radioactif de s’y déposer, mais à priori inutile en France), les Français montrent le besoin d’avoir des chiffres concernant la radioactivité ambiante.

En France, l’Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN), structure indépendante mais financée par l’Etat, nous apprend dans un communiqué vendredi 25, que « les balises radiométriques (…) n’ont pas détecté de hausse de la radioactivité par rapport à la normale, tant en métropole qu’outre-mer. En complément (…) des analyses plus précises, réalisées en laboratoire sur les poussières présentes dans l’atmosphère, sont en cours. Les résultats, qui seront disponibles dans quelques jours, seront rendus publics ».

Alors que le taux d’iode aux alentours de la centrale de Fukushima serait 1250 fois supérieur à la normale, on apprend par contre ce samedi que « des traces d’iode 131 radioactif ont été mesurées dans l’air prélevé entre le 21 et le 24 mars par la station de l’IRSN installée au sommet du Puy de Dôme ». C’est le réseau de balises Téléray qui se trouve à la source des résultats français.

Le réseau Téléray, 164 balises réparties sur toute la France

En service depuis 1991, le réseau national d’alerte Téléray, exploité par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN, établissement public) est le « réseau de veille radiologique de l’environnement consacré à la protection sanitaire des populations ». Il mesure en permanence et en temps réel le rayonnement gamma présent dans l’air ambiant, à l’aide d’un maillage de 164 bornes réparties sur toute l’étendue du territoire français, mais en grande majorité près des sites nucléaires et aux abords des grandes agglomérations. Il a aussi bien un rôle d’information du public qu’un rôle d’action, d’optimisation des interventions ainsi que de choix des contre-mesures en cas d’incident.

Une sonde Téléray comporte deux tubes Geiger Müller (capables de détecter les particules radioactives, et produisant un « clic » audible pour chacune d’entre elles), dont la plage de mesure est de 10 nSv./h à 10 Sv./h, mesurant sans discontinuer le rayonnement gamma ambiant, ainsi qu’une mémoire permettant le stockage des mesures réalisées toutes les 5 minutes. Elles contiennent également une carte électronique et un modem, réalisant la partie calculatoire et le transfert des mesures vers un PC centralisant les résultats de toutes les balises, situé dans la salle de télésurveillance de l’IRSN, au Vésinet, dans les Yvelines. C’est ce PC qui demande les mesures aux balises, 4 fois par jour et qui, en cas d’anomalies détectées, met en route un système d’alarme.

Rappelons que la radioactivité ambiante n’est jamais nulle. Cette radioactivité est causée par la présence dans l’air d’éléments radioactifs du cosmos, ou encore des gaz radioactifs contenus dans le sol. D’une grande sensibilité, il n’est pas rare que des orages en altitude (200nSv./h), ou bien que les étalonnages mensuels des sondes EDF à proximité des balises Téléray puissent créer des anomalies, déclenchant le système d’alarme, pondéré après une série de contrôles. Une utilisation à bon escient de ce réseau pourra probablement redonner un peu confiance en une certaine forme de transparence dans la communication des pouvoirs publics sur le nucléaire, bien que l’opinion publique paraisse profondément affectée et durablement sceptique sur la question.

R.M.

 

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