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La filière éolienne fait une contre-PPE en faveur de l’offshore

Posté le par Joël Spaes dans Environnement

Alors que le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie devrait être présenté au Conseil économique social et environnemental (CESE) le 14 mai prochain, la filière éolienne a remis, le 16 avril dernier, une contre-proposition dans le droit fil de celle portée par les Régions littorales deux semaines auparavant.

Dans leur communiqué commun, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et la Fédération France Eolienne (FEE) rappellent que le 27 mars dernier, six Régions littorales métropolitaines, jugeant que le projet de décret concernant la PPE « était particulièrement insuffisant sur le volet éolien en mer, ont présenté une contre-proposition plus ambitieuse pour répondre aux attentes des territoires en matière de transition énergétique. En lien avec elles, la profession éolienne a également travaillé à une contre-proposition depuis plusieurs semaines. Sur la base de ces deux contre-propositions convergentes, la profession et les Régions pourront poursuivre leur travail en commun, dans le même but d’engager des appels d’offres réguliers avec un volume annuel plus ambitieux. »

Pour Jean-Louis Bal, président du SER, « le volume actuellement proposé dans le projet de PPE est insuffisant pour l’offshore et présente en outre des trous dans les appels d’offres en 2021 et 2022 ».

Le projet actuel de PPE prévoit en effet une capacité installée de 4,7 à 5,2 GW en 2028. Un chiffre qui, rappelle la filière, « comprend les capacités déjà en développement (3,1 GW) ainsi que les projets qui seront alloués entre 2019 et une date ultérieure. »

Comme un délai d’environ 6 à 7 ans est nécessaire entre l’attribution d’un appel d’offres et la mise en service d’un parc éolien en mer, seuls les projets attribués d’ici 2021 pourront être en service en 2028, en fin de calendrier de la PPE actuelle.

Ainsi, insistent le SER et la FEE, « l’option haute du projet de PPE correspond donc en grande partie à des volumes déjà attribués et ne reflète pas le potentiel de la filière. »

Le « souhait » de la profession sur l’offshore est de pouvoir disposer d’appels d’offres d’au moins 1 GW par an jusqu’en 2023, puis de 1,5 GW par an jusqu’en 2018.

Or, « le rythme d’appel d’offres prévu dans le projet de PPE se situe en moyenne entre 540 MW et 665 MW par an d’ici 2024, soit une dynamique nettement inférieure aux attentes de la profession et des régions littorales, qui défendaient un volume minimum de 1 000 MW par an – soit 1 à 2 projets de parcs ».

Manque de visibilité industrielle

Et la filière d’insister sur le fait que le projet de PPE qui va parvenir au CESE en mai ne permet pas « un développement durable de la filière industrielle de l’éolien en mer » car avec des « creux de charge dans les productions », il n’offre pas de visibilité suffisante pour investir dans les capacités industrielles et accélérer la baisse des coûts par effet d’échelle.

Le président du SER signale ainsi qu’il serait nécessaire de mettre en œuvre au moins deux fois 750 MW d’éolien posé supplémentaires, attribués entre 2021 et 2022, et trois appels d’offres de plus en faveur de la filière flottante. Pour le flottant, cela serait possible dans chacune des 3 régions accueillant une ferme pilote, via le lancement d’un appel d’offres de 250 MW, complété 2 à 3 ans plus tard par une tranche de 500 MW.

Enfin, la PPE, dans son cadre actuel, réduit la perspective des volumes d’appels d’offres engagés après 2024 (500 MW), « alors même que la compétitivité de la filière sera encore améliorée ». Ce qui constitue « un décalage par rapport à l’évolution des machines et standards dans le monde et en Europe, où les projets engagés dorénavant le sont sur des volumes dépassant 1 000 MW. »

Le SER et la FEE signalent qu’en termes d’éolien posé, la compétitivité de la filière est « avérée » avec des prix en Europe très concurrentiels depuis 2016 voire dans quelques cas – comme aux Pays-Bas, au Danemark ou en Allemagne – à parité avec les prix de marché ; la profession fait le même constat que les régions littorales et juge que le volume de projets engagés demeure notoirement insuffisant au regard du gisement disponible en France, le deuxième d’Europe.

Alors que l’appel d’offres en cours sur Dunkerque, avec un prix cible de 70 Euros/MWh, devrait montrer que la technologie permet d’être bien en-deçà de ce prix, le gouvernement doit prendre en compte ce facteur. Jean-Louis Bal rappelle ainsi que « si le prix ressort pour Dunkerque à 60 €/MWh, cela peut se traduire par un engagement pour 1 GW supplémentaire », grâce à l’économie réalisée sur le prix cible, sans augmenter le coût des engagements de la PPE*. En outre, les engagements déjà pris en matière d’offshore sont évalués à 18,7 milliards d’euros, tandis qu’il reste 6,7 md€ à engager.

Pour l’éolien flottant, la profession (et les Régions) juge que « les coûts de production rejoindront rapidement ceux de l’éolien en mer posé » ; ainsi, « les volumes envisagés sont également bien trop faibles pour enclencher une réelle dynamique industrielle porteuse d’emplois et de retombées économiques locales, alors même que la France s’est bien positionnée sur ce marché international émergent. »

*Etude fondée sur un prix de marché de gros évalué autour de 56 €/MWh

Pour aller plus loin

Posté le par Joël Spaes

Les derniers commentaires

  • Les technologies de rupture comme les éoliennes aéroportées en mer ou à terre (Airborne Wind Energy System – AWES) pourraient jouer un rôle croissant à partir de 2020, selon les spécialistes du secteur éolien.

    A des altitudes élevées il y a suffisamment de vent pour alimenter la demande mondiale croissante d’énergie. A 500 m d’altitude, selon la loi exponentielle de Hellmann, le vent souffle 25% plus vite et transporte 2,0 fois plus d’énergie (il croît avec le cube de la vitesse du vent). A 1500 m d’altitude la production est 8 fois supérieure à celle à 100 m. Entre 400 et 800 m la production électrique est généralement continue. Actuellement les puissances vont jusqu’à 8 MW par unité.

    Les éoliennes aéroportées nécessitent bien moins de surfaces comme de ressources (jusqu’à 95% de moins) donc sont nettement plus facilement recyclables avec un bien meilleur bilan, sont nettement moins lourdes (99% du poids est au sol) et donc bien plus faciles et rapides à transporter et à installer que les éoliennes conventionnelles, y compris sur des sites habituellement inaccessibles, sans éventuelles nuisances optiques ou autres et avec bien moins de bruit et d’impacts aviaires. Leur altitude de fonctionnement (entre 200 et 1500 m avec une moyenne à 500 m) ne gêne pas l’aviation (au delà des aéroports), leur maintenance est facilitée, elle sont autonomes, leur coût est très compétitif (électricité actuellement jusqu’à plus de 60% de moins que le prix de l’éolien conventionnel avec des perspectives de baisse au moins aussi fortes selon BVG Associates, ce qui constituerait alors l’énergie au plus bas prix avec le solaire à venir) et permettent de multiples implantations et nouveaux marchés, tout en offrant plus de résistance et d’adaptabilité dans les zones particulièrement venteuses et d’ouragans ou autres conditions climatiques extrêmes (neige, glace etc). L’électricité peut être transmise via le câble de liaison ou à des récepteurs par micro-ondes ou laser. Elles sont toutefois, selon les types de modèles, à protéger de la foudre. Les câbles en polyéthylène de poids moléculaire ultra élevé doivent actuellement être changés périodiquement.

    Exemple :

    https://www.youtube.com/embed/3VKFJ2_cQmM

    .

  • Dans tous les articles que je lis je n’en vois AUCUN qui parle de l’énergie électrique produite par le simple passage des voitures ou des camions……..
    A 78 ans, ingénieur à la retraite, j’ai contribué, dans mon petit, au remplacement du nucléaire et ses déchets radioactifs, en remplacement des panneaux solaires et des éoliennes tributaires du soleil ou du vent, en étudiant, calculant et dessinant un système qui produit de l’air comprimé avec le simple passage des véhicules sur mes unités lesquelles s’escamotent lors de leur passage, grâce à la combinaison des forces gravité/cinétique.
    L’air produit est très facile à stocker dans des réservoirs adaptés, contrairement au stockage de l’électricité !!!!
    Cet air comprimé peut être utilisé de deux façons :
    – soit en le vendant tel quel à des usines, des garages, des stations à essence, etc. à proximité des unités
    – soit en l’utilisant pour produire de l’énergie électrique, à mon avis 100 % propre, avec un système à haute force centrifuge étudié et dessiné par mes soins.
    Cette énergie électrique qu’on obtient, elle peut être utilisée 24 h./24 h. et 7/7 jours, soit en automatique soit en manuel, selon le choix de l’opérateur, contrairement à toutes les inventions similaires de dos d’âne qui produisent de l’énergie électrique INSTANTANÉE, c’est-à-dire que la voiture en passant dessus fait allumer des lampes qui s’éteignent quand la voiture a passé, RIEN D’AUTRE, j’ai vu de mes propres yeux une de ces inventions en Italie, laquelle a disparu de la circulation quelques temps après…..
    Cette énergie électrique, ne provoque aucune nuisance que ce soit, ni aux véhicules ni à l’environnement, mon système peut donc être installé dans n’importe quel endroit, public ou privé, où la circulation des véhicules se fait à vitesse réduite, comme par exemple :
    – dans les péages autoroutiers
    – dans les entrées et sorties des parkings publics ou privés, etc.

    Cette installation peut créer des emplois dans toute la France et peut produire des bénéfices non négligeables !!!! Idéal pour une société existante qui voudrait varier sa production ou pour un jeune entrepreneur qui voudrait se lancer dans le travail actif sans aucun problème de concurrence sur le marché, puisque cette invention n’existe encore que dans les plans dans mon bureau !!!!
    Mon étude comporte 32 dessins d’ensemble + 36 dessins de détail + la liste complète des fournitures mécaniques, pneumatiques et autres…….


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