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Le Cloud Computing au service du plus grand télescope du monde

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

Le (futur) plus grand télescope jamais construit, dont l'emplacement n'a toujours pas été décidé, pourrait s'appuyer sur la plus large opération de Cloud Computing jamais réalisée au monde.

L’Australie se verrait bien accueillir le plus grand et le plus sensible radiotélescope du monde, le « Square Kilometre Array » (S.K.A.). C’est dans cette optique que l’offre d’accueil du projet, représentant plus de 2 milliards de dollars et regroupant les efforts conjugués des Australiens et des Néozélandais, pourrait se targuer d’être accompagnée d’une gigantesque opération de Cloud Computing, dont la campagne de recrutement est prévue pour septembre.

Cette initiative aura pour but de prouver que le projet australien est à même de gérer l’immense flux de données recueillies par le SKA. Elle pourrait assez vite se transformer en la plus gigantesque opération de Cloud Computing jamais réalisée, drainant la puissance de calcul et la mémoire offertes par les ordinateurs participants du monde entier.

50 fois plus sensible

Le « Square Kilometre Array », comme son nom l’indique, sera énorme : plus de 3 000 antennes paraboliques seront dispersées sur plus de 3 000 kilomètres par rapport à un noyau central, dans le but de simuler un seul et unique radiotélescope géant doté d’une très grande sensibilité – près de 50 fois plus sensible – et d’une haute résolution angulaire (à savoir, la capacité à observer nettement des détails de plus en plus petits), et dont la surface collectrice cumulée sera d’environ 1 kilomètre carré (d’où son nom de « Square Kilometre », kilomètre carré).

Un instrument d’une telle sensibilité pourrait sonder les prémices de l’Univers, aider à vérifier la théorie générale de la Relativité, et permettre de cartographier le cosmos avec des détails jusqu’ici sans précédent.

PétaFLOPS

Le SKA risque de produire, selon l’expression, des « tartines et des tartines » de données, à tel point que certains estiment le besoin en couche liaison de données (protocole lié au transfert des données) absolument énorme. L’Australie a englouti près de 80 millions de dollars dans le Centre Pawney, à l’Ouest de l’Australie, un hub supercalculateur dont la vitesse de calcul dépasse le pétaFLOPS (« FLoating point Operations Per Second », nombre d’opérations à virgule flottante par seconde, le préfixe péta correspondant à 1 015, soit 1 million de milliards), qui deviendra le troisième supercalculateur le plus rapide au monde, lorsqu’il sera inauguré en 2013, en se basant sur le classement actuel.

Alternative Cloud

Mais ce hub risque d’être bien dérisoire. Bien que partiellement complet en 2020, le SKA devrait fournir une telle quantité de données que deux chercheurs de l’Université d’Oxford ont commencé à examiner une alternative Cloud Computing, dans le but d’aider à gérer cet océan de données. S’en remettre, par exemple, à l’offre de service Cloud d’Amazon serait extrêmement onéreux, sans même considérer les récents problèmes que celui-ci a essuyés. Diriger les données vers tous les serveurs et unités centrales universitaires et institutionnels partenaires pourrait donc être bien plus qu’un bon début.

Donnant-donnant : puissance de calcul en contrepartie de données

Mais les chercheurs ne s’arrêtent pas là. Ils ont en vue la possibilité d’associer les particuliers et les institutions, non partenaires et non affiliés au projet SKA, leur permettant d’ouvrir leurs ordinateurs à l’initiative Cloud Computing, s’inspirant du projet de calcul distribué SETI(@)home hébergé par le Space Sciences Laboratory de l’Université de Berkeley (Californie), concernant notamment le radiotélescope de l’observatoire d’Arecibo, sur la côte Nord de l’île de Porto-Rico. Et là, ce sera donnant-donnant : abandonner une partie de sa puissance de calcul en échange de la récupération de quelques données. Cela pourrait offrir aux astronomes, amateurs comme professionnels, un accès plus ou moins libre à un certain nombre de données, en contrepartie de la participation au Cloud.

Impact écologique positif

Cette formule semble très équitable, si l’Australie récupère effectivement le SKA – car l’Afrique du Sud est également sur les rangs -, et que la décision concernant l’emplacement final du projet n’est pas prise avant l’année prochaine. Cela permettrait aussi au SKA de ne pas rentrer dans une éternelle surenchère en terme de puissance de calcul, ce qui aurait pour conséquence d’engendrer d’énormes moyens de refroidissement, dont la facture et l’impact écologique seraient diablement salés. En procédant ainsi, on utilise une énergie et une chaleur, distribuées à travers des ordinateurs qui auraient de toute façon été en train de tourner. Mais cela engagerait surtout le public et la communauté scientifique et universitaire à participer à un des plus grands et des plus fantastiques appareils sur le point de voir le jour.

Voici, en conclusion, une vidéo de présentation du SKA, en anglais :

 

Par Rahman Moonzur

Posté le par La rédaction


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