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Le plus vieux chromosome Y jamais vu sur un homo sapiens

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Une étude ADN met à mal la théorie de l’Adam génétique

Avant de descendre du singe, l’homme descend d’Adam. Du moins, c’est ce que l’on croyait jusqu’à ce jour si anodin où une parente d’Albert Perry (paix à son âme), déposa un échantillon avec son ADN dans le but d’effectuer une recherche généalogique. C’est alors que l’entreprise privée fut confrontée à un problème de taille : la séquence génétique du chromosome Y était inconnue !

Après avoir vérifié et re-vérifié, les faits sont là. Albert Perry ne descend pas de celui que l’on croyait l’ancêtre commun à tous les mâles de la race humaine, celui que l’on surnomme l’Adam génétique, un homme qui vivait sur le continent africain il y a 140 000 ans. 

Mais alors, de qui descend Albert Perry ? Cette question ne laissa pas indifférente la communauté scientifiques et plusieurs de ses membres décidèrent d’enquêter. Et une nouvelle surprise les attendait. L’ancêtre d’Albert Perry était un homme vivant il y a plus de … 338 000 ans ! Soit bien avant l’apparition même de l’homo sapiens. Ça commence à faire beaucoup de rebondissements. De l’aveu même de Jon Wilkins, du Ronin Institute dans le New Jersey, « Déplacer à ce point la racine de l’arbre [généalogique] du chromosome Y est extrêmement surprenant. » 

Comment un gène si ancien s’est retrouvé chez un homo sapiens ? Les auteurs de l’étude publiée sur ce chromosome Y unique ont une théorie.

Au sud-ouest du Cameroun vivait un peuple africain appelé Mbo. D’après les bases de données génétiques, leurs chromosomes Y ressemblaient  à celui de feu Albert Perry. Or, à quelques 800 km de là, se trouve le site préhistorique nigérian Iwo Eleru, site où l’on croit savoir que des homo sapiens ont séjournés.  Ces homo sapiens se seraient tout simplement reproduits avec les descendants d’une lignée très ancienne. Et voilà comment ce gène Y vieux de 338 000 ans se serait retrouvé chez des homo sapiens.

« […] Jusqu’à présent, les branches les plus divergentes du chromosome Y se trouvaient chez des populations de chasseurs-cueilleurs comme les Pygmées et les KhoeSan. […] Mais cet échantillon-ci est similaire à l’ADN du chromosome Y de 11 hommes tous originaires d’une région très restreinte du Cameroun  qui présentent  des séquences variables, donc ce n’est pas comme s’ils descendaient tous d’un même aïeul », précise le Pr Hammer, de l’Université de l’Arizona, qui a participé à l’étude parue dans l’American Journal of Human Genetics.

Lire l’étude

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Posté le par La rédaction


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