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Décryptage

L’Université de Bourgogne se chauffe en partie grâce à son datacenter

Posté le par Xavier Lula dans Énergie

A l'Université de Bourgogne, les calories dégagées par le datacenter ne s'échappent plus dans la nature. Elles sont réintroduites dans le réseau de chaleur, grâce à un dispositif adapté aux circuits hydrauliques à haute température.

Les datacenters, ou fermes de serveurs informatiques, dissipent d’énormes quantités de chaleur finalement évacuées dans l’atmosphère donc perdues. La valorisation de cette chaleur dite «fatale» est au centre de multiples initiatives ces dernières années. A titre d’exemple, le datacenter du site du Val d’Europe, à Marne-la-Vallée, est «raccordé» au réseau de chaleur qui dessert le parc d’activités à proximité. Le même principe a été appliqué à l’Université de Bourgogne, sise à Dijon. Avec une distinction notable : le réseau de chaleur de cette université exploite une eau à haute température (90°C) et a donc requis une installation spécifique et inédite à cette échelle.

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Réparti sur quelque 300 m², le datacenter appartenant à cette université est opérationnel depuis septembre 2015. Il a été mis en oeuvre par la société Jerlaure, dont c’est le domaine d’activé. «La puissance actuelle des équipements informatiques s’élève à 400 kilowatts (kW) et la chaleur dégagée est du même ordre, précise Christophe Moucadeau, chef de projet chez Jerlaure. La valorisation de cette chaleur était inscrite à l’origine dans le cahier des charges au moment de l’appel d’offres. La chaufferie, utilisant des chaudières à gaz pour une puissance totale de 12 mégawatts, occupe en effet le bâtiment annexe.» Une configuration dont il fallait tirer profit.

Un amortissement sur deux ans

Cette chaufferie alimente toutefois le réseau de chaleur de l’université avec une eau à 90°C. Une situation rare, puisque d’ordinaire, l’eau circulant dans un tel réseau ne bénéficie que d’une température de 50°C environ. Les équipes de Jerlaure choisissent alors des groupes de récupération de chaleur de marque Ochsner, entreprise autrichienne, qui répondent à cette problématique. «Ces équipements comportent deux étages frigorifiques et ont la particularité de produire une eau à 90°C à la sortie du condenseur» explique Antony Moret, spécialiste en la matière chez Jerlaure. Qui décrit le cycle d’échange calorique entre la salle de serveurs et la chaufferie : «Les baies informatiques sont refroidies par des unités terminales à eau glacée. L’eau entre à 10°C et ressort à 15°C. Elle est ensuite acheminée vers les groupes Ochsner dans la chaufferie, lesquels renvoient l’eau à 10°C. » Et ainsi de suite…

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Pour quel résultat ? «La chaleur récupérée correspond à 5% des besoins de chauffage en hiver» annonce Antony Moret. Mais le système est aussi intéressant hors de la saison hivernale. «L’été, la chaufferie peut être arrêtée et la seule chaleur produite par le datacenter permet de faire face aux besoins des cuisines par exemple, observe Antony Moret. C’est un avantage pour l’exploitant. La valorisation est valable 365 jours par an et intégrale : elle implique la chaleur des serveurs et aussi la puissance électrique des compresseurs.» Si aucun budget n’est évoqué, le retour sur investissement est cependant rapide au regard du prix de l’énergie, conclut Christophe Moucadeau : «L’amortissement s’effectue au bout de deux ans seulement».

Par Frédéric Monflier

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Posté le par Xavier Lula


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