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Raphaël Ménard (Elioth) : « Les éoliennes à axe vertical intégrées aux pylônes électriques ont un avenir »

Posté le par La rédaction dans Environnement

Elioth, filiale du groupe IOSIS, a imaginé une éolienne à axe verticale, baptisée wind-it, qui s’intègre au sein de l’exosquelette des pylônes électriques. Ainsi valorisés, les pylônes électriques deviendraient producteurs d’une énergie renouvelable directement raccordée au réseau. Raphaël Ménard, directeur d’Elioth, fait le point sur ce projet.

Raphaël Ménard est directeur d’Elioth, filiale du groupe IOSIS. Les ingénieurs d’Elioth ont imaginé une éolienne, wind-it, de type Darrieus, à axe vertical, qui s’intègre dans l’exosquelette des pylônes électriques. Il nous explique le principe de fonctionnement de wind-it ainsi que le potentiel de ce nouveau type d’éolienne.

Techniques de l’ingénieur : Quels sont les défis techniques inhérents à wind-it ? Quelle est l’efficacité des éoliennes intégrées, par rapport aux éoliennes à hélice verticale ?
Raphaël Ménard : Du point de vue théorique, les éoliennes à axe vertical de type Darrieus présentent des courbes de puissance peu éloignées des rotors à axe horizontaux, qui sont celles que nous connaissons mieux et qui bordent nos autoroutes ! Toutefois, les expériences menées sur des Darrieus de moyenne et grande puissance ont parfois montré des problèmes de vibration de la structure porteuse et des instabilités mécaniques dans les pâles. Mais il faut rappeler que les Darrieus n’ont sans doute pas connu le même investissement en R&D que leurs cousines à axe horizontal… Le défi majeur sur cette technologie réside donc dans le développement de la filière industrielle des éoliennes Darrieus de moyenne et grande puissance. Au-delà des images présentées, nous avons effectué un gros travail de recherche. Nous avons notamment déposé un brevet qui propose des solutions technologiques de fabrication à bas coût de pales de grande portée pour les Darrieus. Nous sommes très confiants dans cette innovation pour donner un nouvel essor aux Darrieus de moyenne et grande puissance.

Le fait que l’éolienne soit intégrée au pylône électrique nuit-il au rendement de celle-ci ?
Nos simulations montrent que les pertes engendrées par la présence de l’exosquelette restent très faibles (moins de 3 % de pertes sur le flux de puissance incident). L’effet corollaire est que l’exosquelette fabrique une cage réduisant les risques de collisions avec les oiseaux. L’intégration d’une résille très fine, tendue entre les membrures de l’exosquelette, permettrait d’évacuer définitivement ce risque pour la faune. Enfin, l’exosquelette est une chance pour rendre la structure porteuse extrêmement résistante et rigide pour un faible poids de structure.

Le courant produit pourra-t-il être directement transmis aux lignes à haute tension des pylônes ?
Oui, modulo les critères de puissance avant réinjection. Pour la très haute tension, cela pourra notamment supposer de « grapper » plusieurs Wind-it par un câble supplémentaire avant transmission.

Où vous situez-vous dans le développement des prototypes et qu’attendez-vous maintenant pour commercialiser wind-it ?
Nous sommes des ingénieurs et architectes et avons donné naissance à Wind-it sur nos fonds propres. L’investissement dans un prototype réclame un investissement que nous ne pouvons malheureusement pas nous autoriser ! Aussi, nous souhaitons ardemment rendre concret et réel ce projet sans transformer notre métier, celui de concepteur et non d’industriel. Pour cela, nous cherchons très rapidement un partenaire industriel qui pourra poursuivre l’effort d’investissement dans le développement du projet. Je pense qu’avec un investissement d’études raisonnable, et un partenaire industriel crédible, Wind-it XL pourra être très rapidement industrialisé. En savoir plusEn 2015, la France comptera dix fois plus d’éoliennes qu’aujourd’hui. En s’intéressant à la production électrique par éoliennes, « Wind-it » traite la question de leur implantation. Le projet mise sur une accumulation de petits générateurs éoliens plutôt que sur des infrastructures ponctuelles mais très volumineuses.Il propose donc de superposer un réseau d’éoliennes au réseau existant de transport et de distribution de l’électricité soit en venant greffer un « plug-éolien » aux pylônes électriques existants soit en implantant de nouveaux pylônes électriques qui intègrent une unité de production éolienne.Les pylônes électriques deviendraient producteurs d’une énergie renouvelable directement raccordée au réseau. Selon les premières estimations, l’équipement d’un tiers des pylônes sur le territoire français permettrait de générer l’équivalent de deux tranches nucléaires soit environ 15 térawatt-heure ou 15 milliards de kWh. 

Posté le par La rédaction


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