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Les ambitions du secteur aérien, entre croissance et neutralité carbone

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Les ambitions du secteur aérien, entre croissance et neutralité carbone

Posté le par Pierre Thouverez dans Innovations sectorielles

Airbus vient d’officialiser une commande record de 500 avions A320 auprès de la compagnie indienne IndiGo, en amont du salon du Bourget. Une bonne nouvelle pour l'avionneur, qui doit mener de front une montée en cadence de sa production, et le développement des appareils qui permettront au secteur de réduire son empreinte carbone.

C’est un nouveau record annoncé lors de l’édition 2023 du salon du Bourget. L’avionneur européen Airbus vient d’enregistrer une commande de 500 avions monocouloir A320. Le tout pour un montant de plus de 55 milliards d’euros, record absolu pour une compagnie aérienne. Ces avions, qui doivent être livrés d’ici 2035, viennent illustrer le rebond massif du trafic aérien, après la crise sans précédent due à l’épidémie mondiale de coronavirus.

Ainsi, selon l’organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, EUROCONTROL, le trafic aérien européen revient à 83 % de son niveau d’avant COVID en 2022, ce qui constitue une solide reprise, au regard de la faiblesse de la reprise économique, et du conflit actuel entre la Russie et l’Ukraine. Cette croissance profite tout particulièrement aux compagnies low cost, dont le rebond est plus important que pour les compagnies classiques.

Si cette mégacommande concerne des avions volant au kérosène, l’édition 2023 du salon du Bourget, de retour après quatre ans d’absence, fait la part belle à la décarbonation de l’aviation, secteur qui s’est fixé pour ambition la neutralité carbone d’ici à 2050. Airbus, et les avionneurs du monde entier doivent donc mener une montée en cadence des productions d’avions classiques, pour assurer leur croissance économique et l’augmentation prévue du nombre de voyageurs dans les années à venir. Cette augmentation obligera Airbus et Boeing, les deux géants mondiaux, à multiplier par deux leur flotte d’avions dans les dix ans à venir. A côté de cette montée en cadence, il est impératif pour les acteurs du secteur aérien de développer des solutions techniques et technologiques pour limiter l’empreinte de l’aviation – qui représente moins de 3 % des émissions de GES au niveau mondial -, et la rendre nulle pour 2050.

L’hydrogène a moins la cote

Une piste, dont les experts parlent beaucoup à l’occasion du salon du Bourget est la possibilité d’équiper les avions d’une assistance électrique, pour permettre aux appareils d’économiser du carburant, notamment lorsqu’ils sont sur la piste, en attente pour décoller. Cette attente a augmenté, notamment depuis la fin de la crise sanitaire, et les retards obligent les avions à stationner plus longtemps sur les pistes, moteurs en marche. Ces perturbations sont d’ailleurs une source d’inquiétude, car ils pourraient limiter la croissance du trafic dans les années à venir. La cause principale de ces retards à répétition est le manque de personnel dans les aéroports.

Le taxiage électrique, c’est le nom de cette technologie, permettrait d’économiser jusqu’à 5 % de carburant. 

Pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, il faudra faire bien plus. Au salon du Bourget, les constructeurs ont présenté de nombreuses innovations qui doivent participer à cette évolution : avion électrique, avion à hydrogène, biocarburants… s’il est compliqué d’imaginer aujourd’hui quelles sont les solutions technologiques qui seront effectivement mises en place à grande échelle pour atteindre la neutralité carbone, il est à noter que l’hydrogène semble moins séduire les avionneurs aujourd’hui. En effet, les contraintes que l’utilisation de cette molécule représente, notamment en termes de capacité des réservoirs, et de stockage à basse température, oblige à repenser totalement les avions actuels. Les avions électriques possèdent de nombreux avantages, mais leur capacité en termes de passagers est réduite. Tout cela conduit vers les biocarburants. Ces derniers ont l’avantage de pouvoir être utilisés sans modifier les avions, s’ils ne dépassent pas 50 % du carburant. Aujourd’hui, l’Europe oblige les avions à voler avec au minimum 1 % de biocarburant dans leurs réservoirs. Ce chiffre devrait passer à 6 % en 2030. Il coûte aussi quatre fois plus cher que le kérosène pour le moment. Une incitation relativement faible donc, pour une technologie qui semble être la seule réellement crédible aujourd’hui, au vu du timing que s’est imposé le secteur aérien pour atteindre la neutralité carbone. Cette solution aurait également le mérite de permettre aux géants de l’aviation de reconvertir l’immense flotte mondiale qu’ils sont en train de constituer. 

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Posté le par Pierre Thouverez


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