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Assurance et objets connectés : surveillance ou assistance ?

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

Le marché français de l’Internet des objets est estimé à près de 10 milliards d’euros et ce chiffre devrait doubler d’ici 2019. Parmi les différents usages, la santé connectée apporte son lot de fantasmes. Les annonces de partenariats entre assureurs historiques, fabricants et géants du numérique se multiplient. Faut-il s’en inquiéter ?

Officiellement, leur collaboration permettra d’améliorer le bien-être des utilisateurs. Prévention, coaching, monitoring, maintenance prédictive, assistance… : on nous promet une meilleure santé et une couverture des risques tout en payant moins cher nos contrats.

Cette promesse a été concrétisée en avril 2015 aux États-Unis avec l’offre « Vitaly » de l’assurance John Hancock. Grâce à un bracelet connecté FitBit, l’assureur peut surveiller l’hygiène de vie de ses clients. À la clé ? Des réductions pouvant atteindre les 15 %. Quelques mois plus tard, Allianz proposait dans l’hexagone une offre similaire via un boitier télématique. Au même moment, Axa France mettait en place de nouveaux contrats d’assurance habitation, des services de prévention et d’assistance reposant sur des capteurs connectés.

Depuis, les autres groupes sont arrivés sur ce marché. Harmonie Mutuelle a signé un partenariat avec Orange pour financer, à hauteur de 1,2 million d’euros sur trois ans, des expérimentations et des projets dans le domaine de l’e-santé. Malakoff Médéric a annoncé avoir investi 1,4 million d’euros dans la start-up spécialisée dans la santé connectée Ignilife pour exploiter la plate-forme web et mobile de coaching, Vigisanté.

Pour l’instant, ces contrats s’adressent aux particuliers, mais des contrats d’assurance connectée pourraient prochainement viser les entreprises. L’agriculture, le bâtiment et la construction paraissent comme des secteurs d’activité prioritaires.

Mais l’apparition de ces nouveaux contrats pose différentes questions. Premièrement, cette hyper personnalisation signifie-t-elle la fin de la mutualisation des primes d’assurance ? « Les Big data produites par les objets connectés vont permettre d’individualiser l’offre, mais ça ne remet pas en cause la mutualisation. Si on prend le cas de l’assurance conducteur « Pay how you drive », même s’il se comporte bien sur la route, il reste confronté à des risques extérieurs, dus aux autres conducteurs ou à la météo », affirme Jean-Baptiste Mounier, porte-parole d’Axa.

La récupération de très nombreuses données à caractère personnel pose inévitablement la question de leur confidentialité et de leur protection. Quelles garanties auront les clients quant au respect de leur vie privée ? La tentation est forte de revendre de telles informations à des entreprises ou à des régies publicitaires, voire à leur employeur ou à des cabinets de recrutement…

« La protection des données et les cyberrisques ont un impact sur notre business modèle et nous sommes convaincus qu’il faut travailler main dans la main avec le monde académique », a rappelé Véronique Weill, Directrice des Opérations du Groupe Axa, lors de la journée Sciences de la donnée organisée par l’IRIT (Institut de Recherche en Informatique de Toulouse) le 11 avril dernier.

Preuve que la protection des informations récoltées par les capteurs commence à devenir problématique, le 12 avril, la CNIL et 29 autorités dans le monde ont annoncé qu’elles mèneront ce printemps une opération conjointe d’audit en ligne pour examiner l’impact sur la vie privée des objets connectés utilisés au quotidien. Les tests réalisés en mai prochain par la CNIL concerneront trois catégories : les objets domotiques, les objets de santé et les objets dits de bien-être. Cet audit évaluera la qualité de l’information délivrée, le niveau de sécurité des flux de données et le degré de contrôle de l’usager sur l’exploitation de ses données.

Par Philippe Richard

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Posté le par La rédaction

Les derniers commentaires

  • La divulgation des données les plus sensibles de sa vie privée, celles concernant la santé, peuvent-elles être vendues pour un plat de lentilles à des multinationales de l’assurance ?


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