Le jury californien chargé de déterminer si Instagram et YouTube savaient que leurs plateformes étaient dangereuses et addictives pour les mineurs a fait savoir lundi au tribunal qu’il ne parvenait pas à rendre son verdict sur l’une des deux plateformes, laissant planer le risque d’une invalidation du procès.
« Le jury a du mal à parvenir à un consensus pour l’un des défendeurs, avez-vous un conseil sur la manière d’avancer? », a demandé le jury dans une question à la juge et aux avocats des parties de ce procès, censé établir une référence pour des milliers de plaignants aux Etats-Unis qui accusent les grandes plateformes d’être responsables d’une épidémie d’addiction aux réseaux sociaux.
La juge, qui a lu cette question à l’audience, leur a demandé de poursuivre leurs délibérations, qui ont repris lundi matin pour une 7e journée depuis la fin des plaidoiries le 12 mars.
« Si vous n’êtes pas en mesure de rendre un verdict, le dossier sera présenté à un autre jury (…) et coûtera des frais supplémentaires » à la collectivité, a mis en garde la juge, invitant les 12 jurés à « garder l’esprit ouvert et à se sentir libre de changer d’avis » sans pour autant « abandonner vos convictions sur la vérité et le poids des preuves ».
Les jurés avaient posé vendredi une question technique impliquant qu’ils envisageaient sérieusement de retenir la responsabilité d’une des deux plateformes pour les effets nocifs provoqués par la conception et les fonctionnalités de leurs plateformes.
Ce verdict est très attendu, avant deux autres procès à Los Angeles censés servir de mètre-étalon pour plus d’un millier de familles américaines qui poursuivent les grands réseaux sociaux. TikTok et Snapchat, également concernés par ces procédures, ont choisi de signer un accord au montant confidentiel avec la plaignante dans ce premier dossier, pour s’éviter un procès.
D’autre centaines de familles poursuivent les géants de la tech pour des griefs similaires devant une juge fédéral d’Oakland.
Ces procédures judiciaires ne portent pas sur les contenus publiés sur les plateformes, immunisées sur ce point par la loi américaine, mais sur la conception même des réseaux sociaux, accusés d’avoir multiplié les fonctionnalités – « like », défilement infini, démarrage automatique, filtres esthétiques – pour retenir les utilisateurs, en premier lieu les mineurs.
rfo-bl/cyb
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