Le jury californien, chargé de déterminer si Instagram et YouTube ont mis en danger la santé mentale des mineurs, doit entamer jeudi sa cinquième journée de délibérations pour parvenir à un verdict dans un procès inédit sur l’addiction aux réseaux sociaux.
Après six semaines d’audience, ces 12 jurés d’un tribunal civil de Los Angeles ont débuté vendredi 13 mars leur délibération. Ils ont terminé mercredi après-midi une quatrième journée de débats à huis clos, a constaté un journaliste de l’AFP.
« Cette durée n’est pas inhabituelle, cela montre que les jurés sont très sérieux et consciencieux », a déclaré à l’AFP Rachel Lanier, de l’équipe d’avocats de la plaignante.
A plusieurs reprises depuis vendredi, le jury est revenu dans la salle d’audience pour consulter la juge Caroline Kuhl et les avocats des deux camps sur la validité de certaines preuves ou pour demander des précisions sur des témoignages.
Sa décision ne porte pas sur les contenus publiés sur les plateformes, protégées sur ce point par la loi américaine, mais sur la conception même des réseaux sociaux, accusés d’avoir multiplié les fonctionnalités – « like », défilement infini, démarrage automatique, filtres – pour encourager la consultation compulsive d’images et de vidéos.
Les jurés doivent dire, par au moins neuf voix sur douze, si Meta et Google ont fait preuve de « négligence » dans le développement de leurs plateformes respectives, Instagram et YouTube.
Ils doivent également dire si les deux groupes auraient dû savoir que leurs plateformes étaient « dangereuses » pour les mineurs, si elles ne pouvaient ignorer que « les utilisateurs ne mesureraient pas le danger » et si elles ont manqué à leur obligation de les en « avertir ».
Les jurés doivent enfin déterminer si cette éventuelle « négligence » ou ce manque d’avertissement ont constitué un « facteur substantiel » des préjudices subis par la plaignante, Kaley G.M.
Cette Californienne de 20 ans, devenue une consommatrice compulsive des réseaux sociaux dès l’enfance, les tient responsables de ses troubles de santé, notamment sa dépression, son anxiété et des idées suicidaires.
Son dossier a été choisi parmi des milliers de plaintes pour établir une première référence dans la résolution de ces litiges de masse aux Etats-Unis. Snapchat et TikTok, également concernés par ces poursuites, ont choisi de signer un accord à l’amiable, pour un montant confidentiel, afin d’éviter le procès.
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