Le sénateur de gauche Bernie Sanders et la figure de l’extrême droite Steve Bannon ont uni leurs voix mardi pour appeler à un sursaut sur la sécurité de l’intelligence artificielle (IA) lors d’un événement atypique à Washington.
« Je ne pense pas qu’on puisse trouver deux partisans plus engagés à gauche (…) et à droite », a reconnu Steve Bannon. Mais « nous devons nous élever au-dessus de ça. C’est un moment charnière dans l’histoire. »
Les deux personnalités ne sont pas apparues ensemble sur la scène de la Pro-Human Assembly, créée à l’initiative de l’organisation de veille sur les risques de l’IA Future of Life Institute, mais elles se sont immédiatement succédé.
« Le peuple de ce pays doit prendre les décisions qui concernent l’IA », a commencé le démocrate Bernie Sanders, « et pas seulement une poignée d’oligarques », un terme repris ensuite par l’ancien directeur de campagne et conseiller de Donald Trump.
Il faisait référence à quelques grandes fortunes de la tech, Mark Zuckerberg (Meta) ou Elon Musk (SpaceX) étant à la tête de sociétés qui ont investi massivement dans l’intelligence artificielle.
« Il ne faut jamais croire ce que dit un oligarque », a renchéri Steve Bannon, « parce qu’ils sont hypocrites et ils mentent. »
Le débat autour de l’IA est monté en puissance ces dernières semaines, à la faveur de plusieurs incidents de sécurité et de la propension nouvelle des modèles d’intelligence artificielle à s’améliorer seuls, sans intervention humaine.
Bernie Sanders s’apprête à déposer une proposition de loi prévoyant une pause dans le développement de l’IA, la création d’une agence fédérale de supervision ainsi que l’interdiction aux acteurs de pointe d’aller jusqu’à la superintelligence.
Cette dernière est le stade à partir duquel l’intelligence artificielle surpasserait les capacités humaines de raisonnement et de compréhension.
« La superintelligence artificielle est une menace pour l’humanité, comme les armes nucléaires », a lancé mardi le sénateur, « et doit être traitée comme telle ».
Une infraction à ce texte serait passible d’une peine maximum de 20 ans d’emprisonnement pour les dirigeants et entraînerait la dissolution de la société incriminée.
Bernie Sanders réclame aussi un moratorium national sur la construction de centres de données, poumon de l’intelligence artificielle.
Steve Bannon, pour sa part, a pris le contrepied de son camp politique, résolument contre une réglementation stricte de l’IA et partisan de laisser l’industrie américaine adopter le rythme le plus soutenu possible.
Il a contesté l’argument parfois avancé dans le secteur de l’IA selon lequel s’y opposer serait antipatriotique.
« Si vous n’êtes pas (favorable à une accélération), vous êtes anti-Américain » et « favorable au parti communiste chinois », a-t-il déploré.
arp/tu/cyb
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