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Les eurodéputés votent pour élargir la taxe carbone aux frontières

Posté le par AFP

Le Parlement européen a approuvé mardi un élargissement de la taxe carbone aux frontières de l’Europe à davantage de produits industriels, afin de lutter contre la concurrence de pays où les règles sont moins strictes.

En vigueur depuis début 2026, le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF, ou CBAM en anglais) vise à faire payer aux entreprises qui importent certains matériaux un prix du carbone auquel sont déjà soumis les acteurs européens.

Il cible notamment les produits issus d’industries très polluantes: acier, aluminium, ciment, engrais, électricité ou hydrogène.

Mais la Commission européenne, soucieuse de la compétitivité du continent face à la concurrence chinoise et américaine, souhaitait rendre plus difficile le contournement de ce mécanisme.

Le règlement doit ainsi être étendu à certains produits métallurgiques finis, comme les machines à laver ou certains composants automobiles, afin de dissuader les entreprises d’en importer dans le but de contourner la taxe carbone.

Les eurodéputés ont approuvé la proposition, par 464 voix pour, 50 contre et 159 abstentions.

Les groupes d’extrême droite se sont majoritairement partagés entre abstention et vote contre. Les autres groupes, des conservateurs à la gauche radicale, ont quasi unanimement approuvé le texte, qui doit désormais être négocié avec les 27 Etats membres de l’Union européenne.

« Les entreprises en dehors de l’Europe devront soit décarboner leur production, soit payer pour leurs émissions de carbone, comme le font déjà les entreprises européennes », s’est félicité le rapporteur du texte, le social-démocrate néerlandais Mohammed Chahim.

Le Parlement est allé plus loin que la proposition initiale de la Commission européenne, étendant notamment la liste des produits soumis au MACF.

« La logique dans ce texte-là, c’est la protection du tissu industriel européen, plus que les enjeux climatiques », a estimé Pierre Leturcq, de l’Institut pour une politique environnementale européenne (IEEP), cercle de réflexion basé à Bruxelles. Une extension qui « risque de susciter des mécontentements » parmi les partenaires économiques de l’Europe.

Au grand dam des syndicats agricoles, les eurodéputés se sont par ailleurs opposés à un mécanisme de suspension de la taxe carbone sur les engrais, quand les prix des fertilisants sont élevés.

Ils ont en revanche soutenu l’exemption de la taxe carbone pour certaines importations dans les Outre-mer, comme le souhaitaient nombre d’élus français, dans ces territoires touchés par la vie chère.

Le gouvernement français s’est réjoui de cette « avancée majeure » pour les territoires ultramarins.

« Il faut maintenant aller au bout et obtenir la confirmation de cette exemption dans la négociation finale », avec les autres Etats membres, a réagi la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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