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Boissons énergisantes: des parlementaires demandent l’interdiction de vente aux moins de 16 ans

Posté le par AFP

Red Bull, Monster Energy ou encore Ciao Energy: face à l’essor des boissons énergisantes, en particulier chez les jeunes, et à leurs effets néfastes sur la santé, un rapport parlementaire, dévoilé mercredi, recommande d’interdire la vente aux moins de 16 ans.

Passé de 180 millions d’euros en 2016 à 780 millions d’euros en 2025, le marché des boissons énergisantes « connaît une croissance importante, avec une forte innovation sur les formats, les goûts, les produits sans sucre… », a souligné, devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée, Yannick Neuder (LR), rapporteur avec Sandrine Runel (PS) d’une mission d’information sur le sujet.

« Le marketing est sans limite pour taper l’imaginaire des jeunes », a jugé ce cardiologue hospitalier et ancien ministre de la Santé.

Si ces boissons « ne posent pas de risque sanitaire en population générale » en quantité « raisonnable », leur consommation apparaît globalement « excessive », et chez les enfants et adolescents notamment, elle « peut bel et bien engendrer des effets nocifs », pointe le rapport parlementaire.

Les boissons énergisantes revendiquent des propriétés stimulantes au niveau physique et intellectuel. Elles sont souvent composées de caféine, taurine, D-glucuronolactone, de sucre ou édulcorants, vitamines, extraits de plantes…

Les canettes de Red Bull restent les plus plébiscitées, devant Monster et Crazy Tiger, rappelle le rapport.

En juin, trois créateurs de contenus -Lena Situations (Lena Mahfouf), Inoxtag (Inès Benazzouz) et Squeezie (Lucas Hauchard)- ont lancé leur marque Ciao Energy et suscité des critiques de professionnels de santé, inquiets de la promotion faite auprès de leur jeune audience.

En France, plusieurs effets indésirables liés à ces boissons, comme des symptômes cardiovasculaires ou psychologiques, ont déjà été signalés. Ils sont principalement liés à une consommation excessive de caféine, éventuellement couplée à une prise d’alcool.

Vu les « risques sanitaires encourus par les jeunes », les rapporteurs recommandent d’interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans mais aussi de les retirer des distributeurs automatiques.

« L’idée est de faire de la pédagogie pour expliquer aux jeunes qu’ils n’ont pas besoin de ces boissons sucrées pour se maintenir en forme et lutter contre la fatigue », a résumé auprès de l’AFP Sandrine Runel.

Il s’agit d’une mesure « arbitraire dénuée de tout fondement », a dénoncé le syndicat des boissons sans alcool (SBSA) dans un communiqué.

Les études « ont explicitement conclu qu’aucune donnée ne justifiait une interdiction de vente aux moins de 16 ans », déclare le syndicat, ajoutant que leur charte de bonnes pratiques prévoit « l’absence de ciblage publicitaire des enfants de moins de 15 ans ».

Plusieurs pays européens ont déjà interdit la vente aux moins de 16 ans, dont la Lituanie, la Roumanie ou la Norvège, et d’autres ont prévu de le faire, comme l’Angleterre à partir d’avril 2027.

– « Territoires socialement fragiles » –

La mission parlementaire s’est aussi intéressée aux boissons alcoolisées prêtes à boire, telles les canettes de Vody – cocktail mélangeant vodka, café, taurine.

Ces boissons sont « nocives pour la santé » et « atteignent ou dépassent bien souvent la dose quotidienne recommandée en un seul contenant », alertent les rapporteurs.

Elles sont également particulièrement attractives auprès des jeunes, notamment par leur « marketing » et leur prix « bon marché ».

« Ces produits, notamment lorsqu’ils sont fortement alcoolisés, semblent davantage présents dans certains territoires socialement fragiles », a aussi relevé Yannick Neuder devant la commission des Affaires sociales, notamment dans les quartiers défavorisés et les Outre-mer, particulièrement en Guadeloupe.

Face aux risques qu’elles peuvent représenter, les deux élus estiment « nécessaire » d’étendre la taxe « prémix » à toutes « les boissons alcoolisées prêtes à boire présentant un titre alcoométrique volumique supérieur à 12% vol ».

Ils demandent aussi de renforcer l’interdiction de vente de boissons alcoolisées aux mineurs, « pas appliquée ou trop peu », en instaurant notamment « la possibilité de procéder à des tests de vente d’alcool sur des mineurs ».

Côté publicité, le rapport juge que la législation « ne semble plus adaptée à la réalité des réseaux sociaux » et recommande de « mettre un terme à l’autorisation de la propagande et de la publicité en faveur des boissons alcooliques sur les services de communication en ligne ».

Ces recommandations alimenteront, selon les deux rapporteurs, des amendements au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, dont l’examen doit commencer le 12 octobre en commission à l’Assemblée. Une proposition de loi est aussi envisagée.

cra/ic/alu/abx

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