Un syndicat salue « une avancée », un autre dénonce une « mascarade », tenant de « l’aumone »: les infirmières libérales sont apparues divisées mercredi sur les nouvelles aides au carburant proposées par le gouvernement, dont un « bonus » dédié à ces soignantes particulièrement mobiles.
Mardi soir, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé la création d’un « bonus territoires ruralité » de 80 euros, pour aider les infirmières qui font plus de 100 kilomètres par jour en moyenne à faire face à la flambée des carburants.
« Plus de 25.000 infirmières » à domicile pourront percevoir ce « versement unique », accessible « sans conditions de ressources », selon le ministère. Les infirmières pourront aussi repousser le paiement de leurs cotisations Urssaf et une partie d’entre elles sera susceptible de percevoir l’aide de 100 euros destinée aux « grands rouleurs », grâce au relèvement des plafonds de revenus.
Enfin, le gouvernement a dit vouloir introduire dans la loi un « stabilisateur économique » pour permettre aux infirmières à domicile d’amortir les futures crises, sans plus de précisions.
Daniel Guillerm, président du premier syndicat représentatif, la FNI, a salué sur les réseaux sociaux « une avancée »: « la réalité de nos kilomètres est enfin reconnue », a-t-il écrit.
Ces 80 euros sont « une première marche », et « ce que nous souhaitons, c’est mettre en place un dispositif pérenne qui amortisse ces pics de hausse dans le temps », et qui « existe chez les transporteurs ». « On a des propositions sur la table, elles ont été transmises » au gouvernement, a-t-il commenté sur franceinfo.
Mais pour Convergence infirmière, le bonus est à ce stade « ponctuel réservé à une minorité » soit « 25.000 libérales sur 99.000 » et la profession restera « largement exclue » de l’aide « grand rouleurs ». « Trois infirmières libérales sur quatre n’auront rien. (…) C’est une mascarade, écrit dans un communiqué ce syndicat, réclamant « une réponse, pas une aumône ».
Ce « bonus » coûtera « 2 millions d’euros. La revalorisation de l’indemnité forfaitaire de déplacement que nous demandons coûte 300 millions d’euros par an. Le gouvernement propose moins de 1% de ce qu’exige la situation », juge l’organisation.
Avec en moyenne « 32 déplacements par jour, 80 euros équivalent à deux jours de la revalorisation demandée (…) Nos tournées ne s’arrêtent pas au bout de deux jours. Aujourd’hui, se rendre chez un patient pour une injection coûte plus cher que ce que rapporte le déplacement » et « aucune prime ponctuelle ne corrigera cela », souligne Convergence infirmière.
L’organisation appelle à porter l’indemnité forfaitaire de déplacement à 4 euros (2,75 euros aujourd’hui), et à l’indexer sur les prix.
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