Les Centrafricains sont confrontés depuis vendredi à une augmentation des prix des carburants à la pompe décidée par le gouvernement, suscitant un large mécontentement dans ce pays d’Afrique centrale parmi les plus pauvres au monde.
Cette hausse décidée par Bangui, la troisième en trois ans, s’inscrit dans le contexte de la flambée des cours du pétrole sur le marché mondial en raison de la guerre au Moyen-Orient.
La ministre centrafricaine de l’Énergie, Edwige Opportune Pouninguinza, en a fait l’annonce jeudi, selon plusieurs médias centrafricains, fixant le litre d’essence à 1.150 FCFA (1,75 euros) contre 1.050 FCFA (1,60 euros) auparavant, et le litre de gazole à 1.400 FCFA (2,13 euros) contre 1.250 FCFA (1,91 euros) avant cette mesure.
La Centrafrique est le pays d’Afrique centrale où les prix des carburants à la pompe sont les plus élevés, alors qu’une grande majorité de ses quelque 5,5 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
Quentin Ngbouando, responsable de la plateforme de la société civile I GWE, a dénoncé samedi auprès de l’AFP une décision équivalant à « enterrer sans funérailles la population déjà économiquement asphyxiée ».
Cette augmentation pénalisera selon lui les « ménages, petits commerçants, transporteurs, mototaxis et travailleurs informels », qui supportent pourtant « depuis des années le poids des crises, des pénuries et de la mauvaise gouvernance ».
« Aussi bien les pays d’Europe, aussi bien les pays d’Afrique, aussi bien tous les pays qui se ravitaillent au niveau du Moyen-Orient connaissent ce problème-là », a justifié la ministre de l’Énergie, dans un entretien à la radio vendredi.
Mme Pouninguinza a également rappelé que la Centrafrique est un pays enclavé qui ne produit pas de pétrole, donc contraint à l’importation.
Bangui dépend en effet des importations via le port de Douala, au Cameroun, pour son approvisionnement en carburants. Les crises sécuritaires et logistiques auxquelles le pays est régulièrement confronté entraîne des pénuries fréquentes et alimente le marché noir.
Pour tenter de réduire la pression sur les prix des carburants, les dirigeants du G7 ont convenu vendredi de libérer jusqu’à 100 millions de barils de gazole et pétrole brut dans les quatre prochains mois.
Dans l’Union européenne, le prix à la pompe du gazole a atteint un nouveau sommet historique avec une moyenne hebdomadaire de 2,24 euros le litre.
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