Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de la Chine ont subi au troisième trimestre leur chute la plus rapide depuis la pandémie de Covid-19, indique une étude publiée vendredi, qui attribue ce recul à la guerre au Moyen-Orient.
Les émissions de la puissance économique asiatique ont chuté de 3,1 % sur la période juillet-septembre sur un an, selon une analyse du Centre pour la recherche sur l’énergie et la propreté de l’air (CREA) publiée par Carbon Brief.
Les sévères perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz depuis la guerre engagée par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont fortement affecté l’approvisionnement de pétrole de la Chine, deuxième économie mondiale et premier importateur de brut.
La consommation mondiale de pétrole a diminué de 4 % sur un an, tandis que celle de carburant pour les transports a reculé de 9 %, indique le rapport du CREA, qui s’appuie sur des chiffres officiels et des données commerciales.
« Il est clair qu’il y aura une forme de rebond de la consommation de pétrole une fois que, ou si, les prix baisseront », a déclaré à l’AFP Lauri Myllyvirta, cofondateur et analyste principal du CREA.
« Cela intervient dans un contexte où la consommation de pétrole de la Chine avait très probablement déjà atteint un pic avant le choc », a-t-il ajouté.
Mais « ce choc a clairement accéléré la tendance à l’électrification et à la transition hors du pétrole », estime-t-il.
La consommation de charbon a, elle aussi, diminué de 3 % sur un an, malgré la construction de nouvelles centrales au charbon en Chine.
« Le maintien d’une tendance à la baisse dans la production d’électricité à partir du charbon est un facteur clé pour le développement futur des énergies renouvelables », a déclaré Gao Yuhe, responsable de projet basé à Pékin chez Greenpeace Asie de l’Est.
« Parallèlement, on doit voir une adoption accrue des énergies renouvelables ainsi que des mises sur le marché des énergies renouvelables et des systèmes de stockage d’énergie », a-t-il ajouté.
Le pays a connu une croissance fulgurante de ses capacités d’énergie renouvelable, tandis que la part du charbon dans son mix énergétique a légèrement reculé ces dernières années.
La Chine reste néanmoins le plus grand émetteur de CO2 de la planète, contribuant à plus de 30 % des gaz à effet de serre mondiaux.
Les autorités chinoises se sont engagées à intensifier les efforts pour réduire les émissions de CO2 et accélérer la transition énergétique, avec pour objectif la neutralité carbone d’ici 2060.
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